Tour d’horizon de la situation internationale en présence du corps diplomatique
Rome, 11 janvier 2010 (Apic) Dans son traditionnel «tour d’horizon» de la situation internationale en présence du corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, le 11 janvier, Benoît XVI a estimé que «l’égoïsme humain blesse la création».
Le pape a ainsi énuméré devant les diplomates du monde entier les «souffrances» de l’humanité en souhaitant que la communauté internationale parvienne à des accords en matière de changements climatiques ou de désarmement, ou encore qu’elle ne se résigne pas au trafic de drogue.
S’il a une nouvelle fois demandé que soient universellement reconnus «le droit de l’Etat d’Israël à exister et à jouir de la paix et de la sécurité», ainsi que «le droit du peuple palestinien à une patrie souveraine et indépendante», Benoît XVI a essentiellement énuméré, au fil de son long discours en français, les «blessures» de l’humanité.
En premier lieu, le pape a évoqué «la crise dramatique qui a frappé l’économie mondiale» en montrant du doigt «les racines profondes de cette situation» qui, à ses yeux, «résident dans une mentalité courante égoïste et matérialiste». Plus largement, le souverain pontife a estimé que si «la négation de Dieu défigure la liberté de la personne humaine», elle «dévaste aussi la création».
Moins d’un mois après le sommet mondial de Copenhague sur les changements climatiques, Benoît XVI a fait état des «résistances d’ordre économique et politique à la lutte contre la dégradation de l’environnement». Il a alors souhaité que, lors des prochaines rencontres de Bonn et Mexico, «il soit possible de parvenir à un accord pour affronter cette question de façon efficace».
Impossible, a ensuite soutenu le pape devant les diplomates en grande tenue, «de séparer, ou même d’opposer, la protection de l’environnement et celle de la vie humaine, y compris la vie avant la naissance». Fustigeant une nouvelle fois «l’égoïsme», Benoît XVI a ensuite souhaité «que la sauvegarde de la création implique une gestion correcte des ressources naturelles des pays et, en premier lieu, de ceux qui sont économiquement défavorisés». Et de citer en particulier le «continent africain».
Le pape, en outre, a demandé «à la communauté internationale de ne pas se résigner au trafic de la drogue et aux graves problèmes moraux et sociaux que celle-ci engendre». Dénonçant «l’augmentation des dépenses militaires» et le «développement des arsenaux nucléaires», Benoît XVI a nouvellement demandé «des décisions efficaces en vue d’un désarmement progressif visant à libérer la planète des armes nucléaires». Il a alors évoqué la Conférence d’examen du Traité de non-prolifération des armes nucléaires qui se tiendra au mois de mai prochain à New York.
Comme à son habitude, le pape a également cité un certain nombre de situations de conflits ou de crises politiques à travers le monde – comme au Liban, au Pakistan, en Irak, au Honduras, en Guinée ou à Madagascar -, mais il s’est aussi félicité de plusieurs rapprochements récents, comme entre la Colombie et l’Equateur, la Croatie et la Slovénie, ou encore l’Arménie et la Turquie.
Benoît XVI, par ailleurs, a salué l’établissement en décembre 2009 de pleines relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la Fédération de Russie. Il a aussi jugé «très significative» la visite au Vatican, le 11 décembre dernier, du président de la République socialiste du Vietnam, avec qui le Saint-Siège n’entretient pas encore de relations bilatérales.
A ce jour, le Saint-Siège entretient des relations diplomatiques bilatérales avec 178 Etats. Il convient d’y ajouter l’Ordre souverain militaire de Malte, la Communauté européenne, et les relations ›de nature spéciale’ entretenues avec l’Autorité nationale palestinienne. Le Saint-Siège participe en outre à de nombreuses organisations internationales, des organismes intergouvernementaux et des programmes internationaux. (apic/imedia/ami/pr)
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