Une profanation du livre saint met le feu aux poudres
Garmsir, 14 janvier 2010 (Apic) Au moins 7 personnes auraient été tuées, dont 6 par les forces afghanes de sécurité, lors d’émeutes qui ont eu lieu mardi 12 janvier dans le district de Garmsir, dans la province de Helmand, au sud de l’Afghanistan. Les violences ont éclaté à la suite de rumeurs selon lesquelles les forces de l’Otan auraient profané une copie du livre saint de l’Islam au cours d’une opération militaire dimanche 10 janvier. Selon les rapports, plus d’un millier de manifestants se seraient rassemblés pour protester. La propagation de rumeurs telles que la profanation du Coran par les soldats étrangers serait monnaie courante chez les talibans.
Garmsir, 14 janvier 2010 (Apic) Au moins 7 personnes auraient été tuées, dont 6 par les forces afghanes de sécurité, lors d’émeutes qui ont eu lieu mardi 12 janvier dans le district de Garmsir, dans la province de Helmand, au sud de l’Afghanistan. Les violences ont éclaté à la suite de rumeurs selon lesquelles les forces de l’Otan auraient profané une copie du livre saint de l’Islam au cours d’une opération militaire dimanche 10 janvier. Selon les rapports, plus d’un millier de manifestants se seraient rassemblés pour protester. La propagation de rumeurs telles que la profanation du Coran par les soldats étrangers serait monnaie courante chez les talibans.
Selon l’AFP, 7 personnes ont été tuées mardi 12 janvier, dont 6 par les forces afghanes de sécurité, lors d’une manifestation de villageois accusant les forces de l’Otan d’avoir profané un Coran dans le sud de l’Afghanistan, a affirmé mercredi le porte-parole du gouverneur local. C’est en état de légitime défense que les policiers afghans auraient ouvert le feu sur la foule, après qu’un des leurs eut été tué par un tir « venant des manifestants ».
Les fonctionnaires locaux prétendent que la manifestation aurait été organisée par le gouverneur de Garmsir, qui agit dans l’ombre des talibans, le mollah Mohammed Naim Rahim. Ils accusent notamment les talibans d’avoir lancé cette rumeur après une opération des forces internationales lundi 11 janvier 2010 visant un trafiquant de drogue local. Selon Kamal Khan, chef de la police et député de la province de Helmand, les talibans répètent que « les Américains et leurs partenaires afghans tuent des innocents, bombardent maisons et mosquées et blasphèment la religion et la culture afghanes. » Les talibans ont fait référence à une opération militaire de l’armée dimanche, accusant les forces internationales d’y avoir brûlé et lacéré un exemplaire du Coran. Aux rumeurs de profanation s’ajoutent celles de viols pratiqués également deux jours auparavant dans le village avoisinant de Darweshan lors de cette opération militaire. On ne possède aucun témoin de ce dernier événement.
Lors de l’émeute de mardi, la force internationale de l’Otan, l’Isaf, affirme n’avoir abattu qu’un sniper taliban dans une base américaine des alentours, en marge de la manifestation. Elle nie avoir ouvert le feu sur les manifestants, ce que contredisent des témoins interrogés par l’AFP. De plus, l’Otan dément les accusations de profanation du Coran. Le porte-parole de l’Isaf, Maj-Gen Michael Regner, entend prendre ces allégations au sérieux et mener une enquête en collaboration avec les autorités afghanes. « L’Isaf est une force internationale qui inclut également des soldats musulmans et nous déplorons de telles actions en toute circonstance », a déclaré le porte-parole de l’Isaf.
Cet épisode s’inscrit dans un climat de violences croissantes dans le Sud depuis la poursuite des offensives de la Grande-Bretagne et des USA contre les talibans. L’évènement, sur lequel les officiers américains disent enquêter, met en lumière à quel point les suspicions et ressentiments sont susceptibles d’embraser une région aussi contestée que le Helmand, fief taliban. Garmsir, région difficile, a été sous le contrôle des talibans jusqu’en mai 2008, lors de l’arrivée des Américains. Mais les environs de Garmsir demeurent toujours sous domination talibane.
De telles accusations envers les forces internationales sont courantes. Le 26 octobre 2009, 3 Afghans au moins avaient été blessés par des tirs de la police à Kaboul quand des manifestants accusaient des soldats étrangers d’avoir brûlé un Coran. Les autorités afghanes et l’Otan avaient indiqué avoir enquêté sur cette histoire et conclu qu’elle était infondée. De même, au Pakistan, en août 2009, 6 chrétiens avaient été brûlés vifs pour avoir «profané» le Coran. (apic/bbc/ag/lcg)
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