Haiti: L’Action de Carême parle d’un sévère coup porté à l’aide au développement

Graves risques d’épidémie

Lucerne/Lausanne, 14 janvier 2009 (Apic) Haïti est l’un des premiers pays d’intervention de l’Action de Carême (AdC), l’œuvre d’entraide des catholiques suisses. «Nous avons sur place des personnes chargées de la coordination des projets de développement, et nous travaillons avec des organisations partenaires, mais nous ne pouvons pas encore les contacter, les infrastructures de communication sont détruites», souligne jeudi Valérie Lange, responsable du marketing et de la communication au secrétariat romand de l’AdC à Lausanne.

Au siège de l’AdC à Lucerne, Romana Büchel, chargée de programme pour Haïti, est dans la même situation, le tremblement de terre qui a ravagé mardi soir la capitale haïtienne Port-au-Prince et ses environs ayant détruit les infrastructures pour le trafic des téléphones portables et internet. Pour Romana Büchel, cette catastrophe signifie un coup sévère porté à l’aide au développement dans ce pays qui est l’un des plus pauvres de la planète.

L’Action de Carême va procéder, aussitôt que cela sera possible, à une évaluation des dommages et entreprendre des discussions avec ses organisations partenaires locales concernant la reconstruction. En ce qui concerne l’aide directe, qui n’est pas le champ d’activités de l’AdC, l’oeuvre d’entraide compte sur l’engagement des autres oeuvres d’entraide et de la Chaîne du Bonheur. L’AdC se dit très inquiète de la situation, car le risque d’épidémies est très grand.

Une vaste région dévastée

Même son de cloche auprès Charles Ridoré, de Villars-sur-Glâne, qui fut pendant près de 20 ans à la tête du Secrétariat romand de l’Action de Carême à Lausanne: ce natif de la Vallée de Jacmel, où il est né un jour de 1942 et devenu Suisse entre-temps, insiste aussi sur l’urgence qu’il y a à secourir les blessés, à apporter de l’eau potable et de la nourriture pour les survivants. Il a tenté en vain, mercredi toute la journée, d’atteindre Haïti par téléphone ou internet, et il n’a pu avoir des nouvelles que par le biais de ses amis de la diaspora haïtienne au Canada.

Charles Ridoré souligne que le tremblement de terre n’a pas seulement causé d’immenses dégâts à Port-au-Prince et dans sa région, mais a également frappé Jacmel, les Cayes, Gonaïves…, toute la région Sud et Sud-Ouest de Haïti. Dans la capitale, les immeubles de plusieurs étages – le Palais présidentiel, des ministères, des hôpitaux, la cathédrale – se sont écroulés ou ont été fortement endommagés.

Un accompagnement psychosocial pour les personnes traumatisées

L’immense bidonville de Cité Soleil a également été durement touché étant donné la mauvaise qualité des constructions, qui sont très légères. Charles Ridoré insiste sur la nécessité d’une large mobilisation en faveur de son pays d’origine qui, à l’instar de Sisyphe, doit faire face chaque fois à une nouvelle catastrophe – ouragans, cyclones, troubles politiques – au moment où on a l’impression qu’il sort un peu du tunnel.

L’Action de Carême lance un appel aux dons «pour aider à la reconstruction à long terme ainsi qu’à l’accompagnement psychosocial des personnes traumatisées par ces épreuves». (CP 10-15955-7, mention Haïti) (apic/be)

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