Paix en Terre Sainte: les évêques européens et nord-américains font appel au courage et à la volonté des leaders politiques
Jérusalem, 14 janvier 2010 (Apic) Une délégation d’évêques catholiques européens – dont l’évêque de Reykjavik, le Suisse Pierre Bürcher, représentant la Conférence des évêques de Scandinavie – et de prélats nord-américains ont fait appel jeudi au courage des responsables politiques et des gens de bonne volonté pour trouver enfin une paix juste en Terre Sainte.
La Coordination des Conférences épiscopales pour l’Eglise en Terre Sainte, qui a achevé le 14 janvier sa visite annuelle de cinq jours, entendait apporter son soutien aux populations chrétiennes et aux Eglises présentes en Terre Sainte.
Celles-ci vivent dans un climat politique de plus en plus tendu, marqué notamment par les confiscations par Israël des propriétés palestiniennes et les expulsions d’habitants de la partie arabe de Jérusalem, note la délégation composée d’une bonne vingtaine de personnes, évêques ou représentants des Conférences épiscopales et des organismes ecclésiaux d’Europe et d’Amérique du Nord.
Dans leur communiqué final, les évêques plaident pour une solution de deux Etats – Israël et Palestine – avec une garantie de sécurité et la reconnaissance de l’Etat d’Israël, et un Etat viable et indépendant pour les Palestiniens. Ils estiment que cette affaire n’est pas purement politique, «c’est aussi un problème de droits humains fondamentaux!».
Les évêques se sont rendu compte que le problème de la distance croissante entre Israéliens et Palestiniens vient d’un manque de contacts humains entre eux, et que cela mine la confiance et le dialogue. Malgré le manque de perspectives concernant la création de deux Etats – alors que la colonisation israélienne et les expulsions de Palestiniens se poursuivent sur le terrain – les évêques pensent toujours que des progrès sont possibles «avec de la détermination et un soutien international».
Les évêques, tout en relevant que Jérusalem est une cité sainte tant pour les juifs que pour les chrétiens et les musulmans, constatent que la violence, l’insécurité, la démolition par Israël de maisons palestiniennes, les problèmes de permis et de visas, le parcours du mur de séparation qui passe dans les terres palestiniennes, l’expropriation de terrains et d’autres mesures politiques, menacent la solution de deux Etats et la présence des chrétiens en Terre Sainte. De plus, les prélats encouragent la mise en oeuvre complète de l’Accord fondamental entre le Saint-Siège et Israël signé à Jérusalem le 30 décembre 1993 et la facilitation d’octroi des visas pour les agents pastoraux afin que l’Eglise puisse remplir sa mission en Terre Sainte. (*)
Dans leur communiqué, les évêques relèvent que la détérioration de la situation n’est bonne ni pour les Israéliens, ni pour les Palestiniens, ni pour la région, ni pour le reste du monde. Ils encouragent les fidèles catholiques à se renseigner sur ce qui se passe dans la région et d’y venir comme pèlerins pour voir la foi vibrante des «pierres vivantes» que sont les Eglises locales.
L’origine de cette Coordination particulière remonte au début des années 1990, alors que la Conférence épiscopale des Etats-Unis travaillait en liaison étroite avec l’Eglise en Terre Sainte, notamment sur la question de l’avenir de Jérusalem. En 1997, la Conférence épiscopale des Etats-Unis a proposé aux Conférences épiscopales d’Europe de se joindre à leurs efforts pour soutenir l’Eglise en Terre Sainte. C’est ainsi qu’est née la Coordination qui, depuis 1998, organise chaque année une visite de solidarité en Terre Sainte. Actuellement, le secrétariat de la Coordination est confié à M. David Ryall, de la Conférence épiscopale d’Angleterre et du Pays de Galles.
La délégation a visité les communautés chrétiennes de Gaza et les paroisses de Cisjordanie, avant de rencontrer les jeunes prêtres et les séminaristes, et de se rendre à l’Université catholique de Bethléem et au Séminaire de Beit Jalla, et de rencontrer mercredi 13 janvier des responsables politiques israéliens et palestiniens. La visite s’est conclue le jeudi 14 janvier à Jérusalem par une célébration au Saint-Sépulcre, suivie d’une conférence de presse.
L’avenir des chrétiens dans le pays qui a vu naître le Christ dépend en grande partie de la réussite du processus de paix, a estimé au cours de la conférence de presse Mgr Riccardo Fontana, archevêque d’Arezzo-Cortone-Sansepolcro, en Italie. «Nous avons dans le monde assez de catacombes et de musées déserts. La Terre Sainte a besoin d’une communauté vivante», a-t-il lâché. Mgr Michel Dubost, évêque d’Evry, près de Paris, a critiqué ce qui arrive à Jérusalem-Est: la ville sainte risque d’être transformée en une sorte de «Disneyland religieux», tandis que la communauté vivante des croyants se dissout lentement. Et de relever que les jeunes chrétiens palestiniens ont désormais perdu tout espoir en un avenir meilleur, «un développement qui nous fait beaucoup de soucis». JB/Com
(*) Bien que cet Accord ait été suivi peu après par l’ouverture de relations diplomatiques entre le Saint-Siège et I’Etat d’Israël, ce dernier fait depuis lors traîner les négociations destinées à régler notamment les problèmes fiscaux concernant l’Eglise et qui auraient dû être résolus dans le sillage de l’Accord fondamental du 30 décembre 1993. Depuis cette date, les négociateurs cherchent à parvenir à un accord sur toutes les questions en suspens relatives aux propriétés et aux impôts, afin que l’Eglise bénéficie d’une sécurité juridique et fiscale qui lui permette de mener à bien sa mission. (apic/com/kna/be)
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