Riche en émotion devant un important parterre de personnalités
Rome, 18 janvier 2010 (Apic) La première visite de Benoît XVI à la synagogue de Rome, étape essentielle dans les relations entre l’évêque de Rome et la communauté juive de la capitale, a été marquée par la figure contestée de Pie XII (1939-1958), pape de la Seconde Guerre mondiale.
Riche en émotions et très fortement marquée également par le souvenir de la rafle de 1943, cette rencontre de près de 2 heures a vu la participation de nombreuses personnalités venues du monde entier.
Juste après avoir rendu hommage aux victimes des rafles allemandes de 1943 aux portes du Ghetto de Rome, Benoît XVI est arrivé devant l’imposante synagogue, un bâtiment construit sur les bords du Tibre au tout début du 20e siècle, où il a été accueilli par le grand rabbin de la capitale. Riccardo Di Segni, les épaules recouvertes d’un taled, le traditionnel voile juif, a conduit le pape à l’intérieur du temple juif.
Dans la synagogue, c’est au milieu d’une multitude de personnalités religieuses et politiques que Benoît XVI s’est dirigé vers la tribune avant d’y monter en compagnie du rabbin Di Segni. Dans l’assemblée se trouvait particulièrement le «numéro deux» du cabinet israélien, Sylvan Shalom.
On notait également la présence de nombreux représentants du Saint-Siège, parmi lesquels le cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone et le substitut du pape, Mgr Fernando Filoni. A droite de la tribune, la Commission du Saint-Siège pour les relations avec le judaïsme était au grand complet avec son président, le cardinal Walter Kasper, son vice-président, Mgr Brian Farrell, et son secrétaire, le père salésien Norbert Hofmann. A leurs côtés étaient assis les représentants juifs qui travaillent avec ces prélats au dialogue entre les deux communautés.
Le diocèse de Rome était représenté par son cardinal vicaire Agostino Vallini. Côté français, on notait la présence du cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, et du père Patrick Desbois, secrétaire du Comité épiscopal des relations avec le judaïsme.
Les plus hautes autorités juives mondiales ont également participé à cette visite historique, comme le grand rabbin de Haïfa, Shear Yashuv Cohen, le secrétaire général du Grand rabbinat d’Israël, Oded Wiener, ou encore David Rosen, de l’American jewish committee.
Venus de Terre sainte, étaient aussi présents le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, le nonce apostolique en Israël et à Chypre, Mgr Antonio Franco, et l’évêque auxiliaire des catholiques latins de Jérusalem, Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo.
Enfin, plusieurs centaines de journalistes ont pu suivre directement cette rencontre à l’intérieur la synagogue.
Après avoir salué quelques personnalités, Benoît XVI a écouté les discours du président de la communauté juive de Rome, Riccardo Pacifici, du président des communautés juives italiennes, Renzo Gattegna, et enfin du grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni. Au moment de prendre la parole, le premier des 3 hauts représentants a d’abord demandé une minute de silence en hommage aux victimes du séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier dernier.
Par la suite, une grande émotion a régné lors de ces 3 interventions, dont le contenu, axé entre autres sur le souvenir de la Shoah, a suscité les larmes de l’assemblée comme des orateurs. Ce fut particulièrement le cas lorsque Riccardo Pacifici a salué, la voix secouée par les sanglots, les religieuses de Sainte-Marthe, à Florence, auprès desquelles son père et son oncle avaient trouvé refuge pendant la Seconde Guerre mondiale.
De même, l’assemblée a largement applaudi le pape à l’évocation des catholiques italiens qui, «encouragés par la foi et par l’enseignement chrétien, réagirent avec courage en ouvrant les bras pour secourir les juifs traqués et fugitifs, parfois au péril de leur propre vie».
Le discours de Benoît XVI a été suivi d’un échange de cadeaux. Le pape a offert au grand rabbin de Rome une gravure de l’artiste italien Piranèse (1720-1778) représentant l’île Tiberine, située juste en face de la synagogue. Le chef religieux juif a pour sa part remis à Benoît XVI une peinture contemporaine dont l’image a été réalisée avec des lettres et des chiffres hébreux, dont ceux du nom de Benoît XVI.
Le pape a quitté la synagogue après l’échange des cadeaux et l’exécution d’un chant traditionnel juif, «Ani maamin» (›Je crois’). Ce cantique traditionnel était devenu en quelque sorte, durant la seconde Guerre mondiale, un hymne des juifs déportés.
Benoît XVI s’est entretenu en privé avec le grand rabbin Di Segni avant de sortir, 10 minutes plus tard, dans le jardin de la synagogue, où il s’est arrêté devant un olivier planté dans le jardin de la synagogue en souvenir de sa visite.
Puis, au Musée juif de Rome, situé à l’étage inférieur de l’édifice, Benoît XVI a inauguré une exposition intitulée «Et ecce gaudium»’ rassemblant 14 dessins sur le thème du couronnement des papes exécutés au 18e siècle par la communauté juive. Comme souvent lors des manifestations culturelles, le pape a semblé très intéressé et a suivi avec attention les explications qui lui étaient données. Avant de quitter les lieux près de 2 heures après son arrivée, Benoît XVI a rencontré quelques représentants de la communauté juive dans la «synagogue espagnole», temple situé lui aussi à l’étage inférieur. (apic/imedia/cp/ami/pr)
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