Rome: La commission de dialogue avec les Lefebvristes réunie le 18 janvier au Vatican

Une prochaine réunion prévue en mars

Rome, 19 janvier 2010 (Apic) La commission de dialogue doctrinal entre l’Eglise catholique et les Lefebvristes s’est réunie dans le plus grand secret le 18 janvier 2010 au Vatican, a appris l’agence I.MEDIA à Rome. C’est la 2e fois que se rencontraient à Rome les théologiens catholiques mandatés par Benoît XVI pour ces discussions et les représentants de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Une prochaine réunion avec les traditionalistes est prévue durant la 2e quinzaine du mois de mars.

Après leur première rencontre du 26 octobre 2009, les théologiens de l’Eglise catholique et de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X se sont retrouvés une nouvelle fois dans les bureaux de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le 18 janvier 2010. Les deux parties, a indiqué l’un des participants, «ont commencé à approfondir les thèmes inscrits à l’agenda de ces discussions doctrinales» voulues par Benoît XVI.

Cette nouvelle rencontre de travail, quelques heures à peine après la visite de Benoît XVI à la synagogue de Rome, n’a pas donné lieu à un communiqué du Saint-Siège, contrairement à la précédente. La prochaine rencontre, sous l’égide de la Commission pontificale ›Ecclesia Dei’, aura lieu durant la deuxième quinzaine du mois de mars, a-t-on encore confié à I.MEDIA.

Les sujets en discussion

Le 26 octobre 2009, après une première rencontre de 3 heures, le Vatican avait fait état de discussions intervenues «dans un climat cordial, respectueux et constructif». Le Saint-Siège avait aussi indiqué que les prochaines rencontres seraient l’occasion d’évoquer les questions relatives au concept de Tradition, au Missel de Paul VI, à l’interprétation du Concile Vatican II en continuité avec la Tradition doctrinale catholique. Mais elles seront aussi consacrées aux thèmes de l’unité de l’Eglise et des principes catholiques de l’œcuménisme, du rapport entre le christianisme et les religions non chrétiennes et de la liberté religieuse.

Brisant partiellement le secret censé entourer ces discussions, le chef de la délégation de la Fraternité Saint-Pie X, Mgr Alfonso de Galarreta, avait ensuite jugé «positif» le début des discussions à huis clos. Lors d’une messe célébrée en Argentine, le 19 décembre, il avait particulièrement dressé la liste des nombreux sujets de discussion évoqués lors des rencontres à venir: «tous les thèmes que nous critiquons depuis 40 ans, spécialement la liberté religieuse, les libertés modernes, la liberté de conscience, la dignité de la personne humaine – comme on dit -, les droits de l’homme, le personnalisme, l’œcuménisme, le dialogue interreligieux, l’inculturation, la collégialité (…) ainsi que toutes les notions d’ecclésiologie qui ont totalement changé ce qu’est l’Eglise, cette question de l ’auto-conscience de l’Eglise, l’Eglise-communion, l’Eglise sacrement, l’Eglise-Peuple de Dieu…, toutes ces notions nouvelles sur la relation entre l’Eglise et le monde. Ensuite la question de la messe, de la nouvelle messe, du nouveau missel, de la réforme liturgique…, et d’autres thèmes encore».

Le pape Benoît XVI justifie la récente «main tendue» aux traditionalistes

Pour sa part, en recevant en audience les membres de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le 15 janvier dernier, Benoît XVI avait justifié sa récente «main tendue» en direction de la Fraternité Saint-Pie X. Après avoir affirmé que la priorité de l’Eglise, de tout temps, était d’atteindre le témoignage de foi commun de tous les chrétiens, le pape avait ainsi confié son attachement à ce que, grâce au travail de la Congrégation pour la doctrine de la foi, «soient dépassés les problèmes doctrinaux qui demeurent pour permettre à la Fraternité Saint-Pie X d’obtenir la pleine communion avec l’Eglise».

Puis, lors de sa visite à la synagogue de Rome, le 17 janvier, Benoît XVI avait particulièrement souhaité éloigner les inquiétudes d’une partie de l’Eglise et de la communauté juive peu après l’ouverture des discussions doctrinales avec les Lefebvristes en qualifiant «la doctrine du Concile Vatican II» de «point de référence vers lequel se tourner constamment dans l’attitude et dans les rapports avec le peuple juif».

Un Suisse parmi les ›experts’

Les experts chargés par Rome de ce dialogue, tous consulteurs de la Congrégation pour la doctrine de la foi, sont le dominicain suisse Charles Morerod, secrétaire de la Commission théologique internationale et spécialiste de l’oecuménisme, Mgr Fernando Ocáriz, un Espagnol ›numéro deux’ de la Prélature de l’Opus Dei et spécialiste de la liberté religieuse, et le jésuite allemand Karl Becker. Ces 3 experts sont guidés par le secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Luis Ladaria Ferrer, un jésuite, en présence du secrétaire de la Commission ›Ecclesia Dei’, Mgr Guido Pozzo.

De son côté, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X envoie à Rome 3 experts, tous des Français: l’abbé Benoît de Jorna, directeur du Séminaire d’Ecône, en Suisse, l’abbé Jean-Michel Gleize, professeur d’ecclésiologie à Ecône, et l’abbé Patrick de La Rocque, prieur du Prieuré Saint-Louis à Nantes, en France. Ils sont conduits par Mgr Alfonso de Galarreta, un Espagnol. Les mois précédant cette rencontre, le directeur du séminaire de la Fraternité traditionaliste en Argentine avait été chargé de préparer ces discussions. (apic/ami/be)

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