Lettre de l’archevêque de Vienne à l’évêque de Mostar
Rome, 20 janvier 2010 (Apic) Après son pèlerinage à Medjugorje, le cardinal Schönborn a fait part de ses regrets.
Dans une lettre d’excuses adressée depuis Rome à l’évêque de Mostar (Bosnie-Herzégovine), dont le diocèse abrite le sanctuaire marial controversé de Medjugorje, le cardinal autrichien Christoph Schönborn a regretté que le pèlerinage qu’il y avait effectué fin décembre 2009 ait pu «nuire à la paix». Le 15 janvier 2010, l’archevêque de Vienne a envoyé cette lettre – publiée sur le site Internet du diocèse de Mostar – après avoir été reçu en audience par Benoît XVI.
«Je regrette que vous ayez l’impression que mon pèlerinage à Medjugorje ait pu nuire à la paix», a ainsi écrit le cardinal Schönborn – qui venait de rencontrer le pape dans la matinée – à Mgr Ratko Peric, évêque de Mostar. «Soyez assuré que cela n’était pas mon intention», a ajouté l’archevêque de Vienne dans cette lettre rédigée en allemand et envoyée de Rome par fax.
Cette missive entendait répondre à une lettre de Mgr Peric, datée du 2 janvier 2010, dans laquelle le prélat avait fortement critiqué le séjour du cardinal autrichien – du 28 décembre 2009 au 1er janvier 2010 -, et avait souligné que cette visite n’avait entraîné aucune confirmation des «apparitions» de la Vierge Marie.
Ainsi, l’évêque de Mostar avait estimé que le déplacement du prélat autrichien ajoutait «aux tourments déjà existants de l’Eglise locale des nouveaux tourments qui ne contribuent pas à sa paix indispensable et à son unité». De son côté, dans un communiqué publié 2 jours plus tard, le cardinal Schönborn s’était défendu en soulignant que sa visite avait un caractère «privé». «Fasciné» par ce qu’il avait pu observer au cours de cette visite, l’archevêque de Vienne avait souhaité que le «phénomène de Medjugorje» soit étudié à la lumière du Concile Vatican II (1962-1965) car «le sens de la foi des baptisés joue un rôle important dans le contexte de Medjugorje».
Selon d’autres sources, le cardinal Schönborn, au cours de cette «visite privée», aurait aussi plaidé pour «une intégration du phénomène de Medjugorje dans la pratique pastorale normale».
La petite localité de Medjugorje, située à 25 kilomètres au sud-ouest de Mostar, serait depuis 1981 le théâtre d’apparitions de la «Gospa», la Vierge Marie. Les différents évêques de Mostar n’ont jamais reconnu les apparitions, pas plus que les instances romaines de l’Eglise catholique.
En 1998, le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avait autorisé les pèlerinages «privés (…) à condition qu’ils ne soient pas considérés comme une authentification d’évènements en cours et qui demandent encore à être examinés par l’Eglise».
En mars dernier, Benoît XVI avait signé le décret de réduction à l’état laïc du franciscain Tomislav Vlasic, directeur spirituel des voyants de Medjugorje. Celui-ci avait demandé d’être libéré de ses obligations sacerdotales après que la Congrégation pour la doctrine de la foi eut engagé en 2008 une enquête à son encontre «pour diffusion de doctrine douteuse, manipulation des consciences, mysticisme suspect, désobéissance aux ordres légitimes» mais aussi pour adultère. (apic/imedia/lb/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/lettre-de-l-archeveque-de-vienne-a-l-eveque-de-mostar/