Quatre millions de personnes sont menacées par cette mesure
Mogadiscio, 21 janvier 2010 (Apic) L’archevêque de Djibouti, Mgr Giorgio Bertin, a estimé que près de quatre millions de somaliens font face à une crise alimentaire, après la suspension, par le Programme alimentaire mondial (PAM), de son aide dans le sud du pays.
Mgr Bertin, qui est également l’administrateur apostolique à Mogadiscio, a déclaré à l’Agence Fides, reprise par le service d’information catholique pour l’Afrique (CISA), qu’il est « très préoccupé par la situation humanitaire dans le Centre-Sud de la Somalie, où 3 à 4 millions de personnes dépendent de l’aide internationale pour leur survie».
Au début du mois de janvier, le PAM a décidé de suspendre ses opérations en Somalie, à la suite d’un ultimatum lancé par la milice fondamentaliste de Shaabab, qui avait déjà attaqué et pillé les installations de l’organisation humanitaire plusieurs fois.
« Maintenant que le programme alimentaire mondial a décidé de retirer son personnel de la région, la situation de ces personnes peut-être devenir dramatique », a estimé l’évêque. Ajoutant: « Je comprends les motivations de la direction du PAM, mais nous devons trouver des moyens de continuer à aider ces populations ».
Mgr Giorgio Bertin a aussi déploré la situation précaire des réfugiés somaliens vivant dans certains endroits du Kenya voisin. Ces réfugiés, a-t-il dit, vivent « des difficultés, en raison des inondations qui ont frappé le pays au cours des dernières semaines ».
Pour les dix mille autres réfugiés somaliens à Djibouti, il a assuré que leur situation est certes « difficile, mais globalement stable ». L’Eglise catholique, a-t-il dit, a conclu un accord avec le haut commissariat pour les réfugiés (HCR) pour un programme d’aide et de soutien pour ces personnes.
Evoquant la situation politique intérieure en Somalie, Mgr Bertin a noté « de nouveaux développements : des groupes autonomes des musulmans modérés, alliés et d’inspiration soufiste, indépendants du gouvernement légitime, sont entrain de vaincre la milice fondamentaliste de Shaabab ». « En Somalie, les confréries soufis, représentant de l’Islam tradition ont perdu beaucoup de leur influence par rapport à ce qu’elles étaient il y a plus de 30-40 ans, mais elles sont toujours un point de référence pour une partie de la population », a-t-il fait observer.
Selon lui, « l’appel à l’Islam traditionnel, en utilisant les confréries soufis, pourrait faire partie d’une stratégie visant à utiliser le sentiment religieux contre des mouvements fondamentalistes, tels que le Shaabab, qui utilisent la religion à des fins politiques ». (apic/ibc/pr)
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