Le cardinal Bagnasco condamne la «dérision» du phénomène religieux dans la culture actuelle
Rome, 26 janvier 2010 (Apic) Le cardinal Angelo Bagnasco a déploré que le «phénomène religieux» fasse aujourd’hui l’objet d’»isolement» et de «dérision», dans le long discours qu’il prononçait en ouverture de la réunion du Conseil permanent de la Conférence épiscopale italienne (CEI), dont il est le président. Le 25 janvier 2010, le haut prélat a aussi appelé au «désarmement» politique dans la péninsule, où le climat de tension actuel entre les différends partis est considéré comme l’un des facteurs ayant favorisé la récente agression de Silvio Berlusconi. Le cardinal Bagnasco a par ailleurs pris la défense des immigrés en Italie.
Le président de la Conférence épiscopale italienne s’est d’abord élevé contre «une culture publique qui, aidée par l’appareil publicitaire (…), vise à l’isolement, à la sous-évaluation, voire à la dérision du phénomène religieux». Selon cette culture, «l’individu qui croit devrait en avoir honte ou au moins cacher sa propre foi», a regretté le haut prélat.
Dans sa longue intervention, le cardinal Bagnasco est aussi revenu sur l»épisode violent et exécrable» subi en décembre 2009 par le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, agressé physiquement en pleine rue à Milan au sortir d’un meeting. Dans ce contexte, le haut prélat a appelé les croyants à participer à la «réconciliation des âmes, condition inaliénable pour un désarmement durable entre formations et groupes» politiques. Le président de la Conférence épiscopale italienne a alors déploré les «déviations» et les «intoxications» que l’on constate chez les médias, alors que ces derniers ont précisément une part de «responsabilité importante» dans le travail de réconciliation.
Ces propos résonnaient comme un écho au discours prononcé par Benoît XVI lors de la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 2009. Prenant la parole depuis la Place d’Espagne, au cœur de Rome, le pape avait dénoncé le «mécanisme pervers» du système médiatique qui rend les hommes «insensibles» au mal en les «intoxiquant».
«Les médias ne doivent pas tomber dans le défaitisme et l’automutilation académique», a poursuivi pour sa part le cardinal Bagnasco, mettant en garde contre «le journalisme de la rancœur qui se base, plus que sur les informations, sur les conflits, vrais ou imaginés», et «finit par nuire aussi à la cause pour laquelle il se sent mobilisé». L’Eglise catholique en Italie avait particulièrement été secouée par ›l’affaire Boffo’, une polémique médiatique entre un journal proche du gouvernement et le quotidien de l’épiscopat, en septembre dernier.
Enfin, le président de la Conférence épiscopale italienne est revenu sur l’immigration, un thème très sensible en Italie depuis les violents affrontements, début janvier, entre des travailleurs immigrés et des habitants de Rosarno, en Calabre. «L’immigré est l’un d’entre nous ; nous, Italiens, l’avons été et, avant nous, Jésus». Et de citer les paroles du pape dans son homélie du 1er janvier 2010, Journée mondiale de la paix, qui appelait au respect de l’autre, «quelles que soient sa couleur de peau, sa nationalité, sa langue, sa religion».
Cet appel, a précisé le haut prélat, «vaut pour chaque coin de la terre et vaut pour les violences subies par les chrétiens dans certains pays, à plus forte raison lorsqu’elles se manifestent pendant les jours les plus chers à la tradition évangélique». Le début de l’année 2010 a été marqué par de nouvelles violences verbales ou physiques contre les chrétiens, que ce soit en Egypte, au Nigeria ou encore en Malaisie. En 2009, l’attitude favorable aux migrants de la Conférence épiscopale italienne l’a poussée à prendre position contre les autorités politiques de la Péninsule. (apic/imedia/cp/js)
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