Une reprise du dialogue sino-tibétain
Pékin, 26 janvier 2010 (Apic) Des représentants du Dalaï-Lama se rendent aujourd’hui 26 janvier 2010 à Pékin afin de relancer avec le gouvernement chinois les discussions sur l’autonomie du Tibet, 15 mois après l’échec des derniers pourparlers.
Dans un communiqué de presse publié hier sur son site, le Dalaï-Lama, chef spirituel du bouddhisme tibétain, a annoncé l’arrivée, le 26 janvier 2010, de deux de ses émissaires à Pékin, Lodi Gyari et Kelsang Gyaltsen, « pour entamer des discussions avec les représentants des autorités chinoises. » Ils seront accompagnés de trois membres de la « Task Force », un groupe de travail qui s’est réuni sous la présidence du Premier ministre du gouvernement tibétain en exil, Samdong Rinpoché, en vue de préparer les négociations à Pékin. « Un problème qui doit être résolu à travers le dialogue», a précisé le Premier ministre. Le Dalaï-Lama a fait savoir que la délégation de 5 personnes serait de retour en Inde au début du mois de février.
Cette rencontre est la 9e d’une série qui s’est tenue entre la Chine et le gouvernement tibétain en exil depuis 2002. La dernière s’est déroulée en novembre 2008, époque où les relations entre les deux parties, qui n’avaient jamais été bonnes, s’étaient tendues à cause d’agitations et d’émeutes anti-chinoises dans la région tibétaine. Les négociations étaient alors restées au point mort et les aspirations du peuple tibétain, présentées dans leur « Mémorandum sur l’Autonomie Effective pour le Peuple tibétain » étaient restées lettre morte.
S’adressant à la BBC, le représentant du Dalaï-Lama pour le nord de l’Europe, Thubten Samdup, a fait comprendre que la Chine pourrait aujourd’hui être plus encline à négocier que dans le passé. « Il existe au sein du peuple chinois une prise de conscience que le Dalaï-Lama est peut-être une chance pour Pékin », déclare-t-il.
Mais rien n’indique que la Chine veuille faire des concessions au gouvernement en exil tibétain. La semaine passée, des anciens dirigeants chinois ont tenu une réunion sur le Tibet – la première en 9 ans – dans laquelle ils affirmaient vouloir poursuivre une politique intransigeante. Le président chinois Hu Jintao y a déclaré que la Chine maintiendrait ses efforts pour éviter toute « percée et sabotage » par les partisans de l’indépendance du Tibet.
Lors de la dernière table ronde entre Chinois et Tibétains, Zhu Weiqun, du Département de Travail du Front uni du Parti communiste chinois, a condamné les Tibétains à continuer de militer pour un Etat indépendant. Les Tibétains affirment ne pas vouloir l’indépendance, mais uniquement une autonomie qui puisse aider à préserver la culture du Tibet.
La Chine, qui n’a pas encore confirmé la tenue de nouvelles discussions, règne sur le Tibet depuis 1951, date de l’entrée de l’armée populaire dans la région himalayenne. Les dirigeants tibétains sont dès lors en exil à Dharamsala, au nord de l’Inde. (apic/bbc/ag/lcg)
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