Et apporte son soutien à l’Italie
Vilnius, 28 janvier 2010 (Apic) La Lituanie s’immisce dans le débat européen sur le crucifix, volant ainsi au secours de l’Italie dans ses efforts pour que soit réexaminée la décision de la Cour européenne des droits de l’homme obligeant les écoles publiques d’Italie à retirer tous les crucifix des salles de classe.
Le site d’information en ligne www.delfi.lt, cité par ENI relève que la Commission des relations étrangères du Parlement lituanien a décidé de s’immiscer dans le débat qui oppose l’Etat italien à la Cour européenne, et de défendre le droit des croyants à afficher publiquement des symboles religieux.
La Commission a pris sa décision à la suite d’une demande du ministère lituanien des Affaires étrangères, qui a reçu une lettre de son homologue italien lui demandant son soutien pour faire réviser la décision de la Cour, qui doit entrer en vigueur le 3 février.
«L’utilisation publique du crucifix reflète la tradition chrétienne de l’Europe et ne devrait pas être considérée comme une restriction de la liberté religieuse», a déclaré le ministre lituanien des Affaires étrangères, Vygaudas Usackas.
Le ministre de la Justice Remigjus Simasius a également affirmé que la Lituanie doit étudier les éventuelles conséquences à long terme de la décision de la Cour européenne.
Même si la décision de la Cour européenne n’a dans ce cas pas d’impact direct sur la Lituanie, «la pratique établie pourrait signifier que la Cour peut limiter la liberté de décision de l’Etat là où celui-ci devrait pouvoir exercer son libre arbitre», a dit le ministre de la Justice.
«Chaque Etat choisit lui-même sa manière de mettre en œuvre le principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Ainsi, il est inacceptable qu’une réglementation détaillée de ces modalités vienne de l’extérieur. La Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ne doit pas être interprétée de façon si large», a déclaré Remigjus Simasius.
Des représentants du gouvernement lituanien ont averti que la décision de la Cour européenne pourrait entraîner l’interdiction des croix publiques en milieu urbain et rural. La décision a également suscité une inquiétude quant à la possibilité que la Colline des croix – lieu de dévotion populaire et site touristique lituanien où s’était rendu le pape Jean Paul II en 1993 – soit considérée comme «inacceptable».
En novembre 2009, la Cour européenne des droits de l’homme a statué sur la présence obligatoire de crucifix dans les écoles publiques italiennes, estimant qu’elle peut gêner les non-croyants ou les élèves d’autres religions, et qu’elle prive les parents du droit d’élever leurs enfants selon les croyances des parents.
L’Italie a interjeté appel auprès de la Grande chambre de la Cour pour que celle-ci revienne sur sa décision, tout en cherchant à obtenir le soutien d’autres pays. La Pologne et la Slovaquie se sont jointes à la Lituanie pour apporter leur soutien à l’Italie sur la question. (apic/eni/pr)
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