Suite à un «dialogue» avec des théologiens

Mauritanie: «Repentir» de détenus islamistes radicaux

Nouakchott, 4 février 2010 (Apic) La plupart des détenus islamistes de la prison de Nouakchott ont signé un accord de renoncement à la violence. Cela à la fin d’un long dialogue avec des théologiens envoyés par le gouvernement, a déclaré ce jour un porte-parole de la Commission en charge de ce dossier, et relayé par l’Agence France Presse (AFP).

Selon le communiqué, les «jeunes ont majoritairement renoncé à leurs idées fondées sur l’extrémisme, la violence, a déclaré devant la presse le conseiller à la présidence Mohamed El-Moctar Ould M’Balla, porte-parole de la commission de théologiens chargée du dialogue.

Selon lui, « plus de 80% ou un peu moins de 90% ont renoncé et ont signé noir sur blanc leur renoncement » à ces idées, sur 67 détenus concernés.

Ould M’Balla a assuré que ces détenus avaient prononcé leur « repentir face aux erreurs » qu’ils ont reconnu avoir commises, en rapport avec les concepts religieux qui fondaient leurs actions.

Première dans un pays frappé par Al-Quaïda

Ce dialogue « spirituel » engagé le 18 janvier en prison constituait une première pour la République islamique de Mauritanie, frappée ces dernières années par une série d’actions meurtrières revendiquées par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Asmi).

Selon le représentant de l’Etat, seuls trois détenus ont refusé tout dialogue avec la commission, et que d’autres avaient accepté de dialoguer mais étaient revenus sur leur décision.

Thèmes des dialogues

Selon le porte-parole, les thèmes abordés étaient très divers: « la gouvernance politique, la démocratie, l’apostasie en Islam, le principe de sécurisation des étrangers en terre d’Islam, la soumission aux gouvernants et autres idées fortes, objets de différentes interprétations ».

« Ils ont majoritairement reconnu leurs erreurs et ont décidé d’y renoncer au terme de ce dialogue purement spirituel qui n’est ni une négociation, ni un marchandage pour un accord sur des questions matérielles particulières », a-t-il assuré.

Selon les médias, ces 67 présumés membres de l’organisation Al-Qaïda sont détenus pour «actes terroristes». Parmi eux, les tueurs présumés de quatre Français assassinés en 2007 à Aleg (sud) et d’un Américain en 2009 à Nouakchott.

Les autorités n’ont pas encore précisé la conduite à tenir vis-à-vis des « repentis » qui ont signé le renoncement à la violence.

Selon certaines sources proches du dossier, ces jeunes « repentis » pourraient soit bénéficier de « circonstances atténuantes » au cours d’un procès clément, soit bénéficier d’une grâce présidentielle. (apic/ag/js)

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