Aider l’orthodoxie à passer le cap de la modernité
Paris, 7 février 2010 (Apic) «Il y a un an, Kirill devenait patriarche de Moscou. Avec Hieronymos II à Athènes, Daniel en Roumanie, Irinej en Serbie, il est représentatif d’une nouvelle génération de responsables plus ouverts au dialogue œcuménique, et qui devront aider l’orthodoxie à passer le cap de la modernité».
Dans un dossier richement illustré daté du 7 février, le quotidien français La Croix fait le point sur les Eglises orthodoxes et cite dix défis sociaux, politiques ou religieux qui attendent les nouveaux patriarches.
«En vingt ans, les paroisses ont été multipliées par quatre, les monastères par 45», affirme La Croix, dans son dossier signé François-Xavier MAIGRE et Nicolas SENEZE. Cette renaissance interne à la Russie, qui porte la signature du patriarche Alexis II, puis de Kirill Ier, élu en 2009, doit maintenant s’accompagner d’une ouverture vers l’Occident. Un signe positif est venu avec l’ouverture, en novembre, d’un séminaire orthodoxe russe en France.
«En Ukraine, l’orthodoxie est divisée depuis 1991 en trois juridictions : l’Église autonome (majoritaire) relevant du Patriarcat de Moscou, le Patriarcat de Kiev (dissidente de Moscou) et l’Église autocéphale, issue de la diaspora», note La Croix, en signalant que depuis octobre, un groupe de travail tente de résorber ce conflit.
A la suite de leur entrée tardive de leurs pays dans l’Union européenne (en 2007), les patriarcats roumain et bulgare tentent de s’ouvrir à la modernité et au dialogue œcuménique, non sans peine en Bulgarie où l’Eglise demeure divisée.
Orthodoxe à 80%, la société serbe connaît toutefois un début de sécularisation. L’élection le 22 janvier du patriarche Irinej, partisan de l’intégration européenne et du dialogue oecuménique, a été largement perçue comme un signe positif. «Mais certains attendent aussi, afin de tourner définitivement la page sanglante des conflits yougoslaves, que l’Église pose un geste concret de réconciliation avec les musulmans et les catholiques des Balkans», ajoute La Croix.
Beaucoup moins interventionniste dans la vie politique que son prédécesseur Christodoulos, l’archevêque Hieronymos II d’Athènes a choisi de se concentrer sur l’action sociale et a pris des mesures économiques énergiques. Il a ainsi «accepté une multiplication par trois des taxes sur l’Église pour aider un État en quasi-faillite à boucler son budget».
Les autres défis orthodoxes cités par La Croix sont le patriarcat de Constantinople aux prises avec la laïcité turque, la division entre Grecs et Arabes en Terre sainte, un face-à-face d’égal à égal avec l’islam pour le patriarche Ignace IV d’Antioche, la mission d’évangélisation du «Patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique», et la formation d’une véritable Eglise locale dans un Occident où chaque communauté est restée rattachée à son Église d’origine. (apix/lacroix/bb)
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