«Nous brûlerons vifs ceux qui défendront Shazia Bashir»

Pakistan: Les avocats musulmans menacent les défenseurs d’une jeune domestique chrétienne assassinée par un des leurs

Lahore, 10 février 2010 (Apic) «Nous brûlerons vifs ceux qui défendront Shazia Bashir», tel est le message menaçant envoyé par les avocats musulmans de Lahore aux défenseurs d’une jeune domestique chrétienne assassinée par son patron. Suite à ces menaces non équivoques lancées par la puissante Association des avocats de Lahore, qui a pris la défense de l’assassin, un puissant avocat musulman, aucun autre avocat, qu’il soit chrétien ou musulman, n’est prêt à s’impliquer dans cette affaire qui a coûté la vie à une fille de 12 ans.

La fille de 12 ans a succombé le 23 janvier aux violences – notamment sexuelles, révèle l’agence de presse catholique AsiaNews – que lui a fait subir un riche et puissant avocat musulman de Lahore, Chaudhry Mohammad Naeem, ex-président de la «Lahore High Court Bar Association», une association d’avocats. Elle avait travaillé ces six derniers mois comme domestique au service de Naeem.

Le centre pour l’assistance légale (Centre for Legal Aid Assistance And Settlement/Claas) a dénoncé l’impossibilité pour lui d’accéder à l’aula du tribunal où se déroulent les audiences. Un groupe d’avocats musulmans lui en ont «empêché l’accès». L’association, qui se bat gratuitement pour la défense des droits des plus pauvres et des marginaux, a reçu des menaces de nombre d’avocats amis de l’assassin. Ces derniers ont promis de «brûler vifs tous ceux qui veulent représenter la victime devant le tribunal».

Joseph Francis, directeur du Claas, demande aux membres de la société civile et aux responsables politiques et religieux de se révolter et de prendre personnellement l’initiative de «condamner cette nouvelle forme de terrorisme» menée par des avocats dont le premier devoir serait de «garantir la justice». Le 4 février dernier, la police a conduit le prévenu devant ses juges, mais les agents ont empêché les journalistes et les parents de la victime d’assister à l’audience «pour motifs de sécurité», rapporte la presse pakistanaise.

Les membres de la famille de Shazia Bashir ont été écartés de l’audience à trois reprises, sous prétexte qu’il serait impossible à la police d’empêcher des troubles et des violences «si les parents de Shazia et des représentants des minorités entraient dans la salle». (apic/asian/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/nous-brulerons-vifs-ceux-qui-defendront-shazia-bashir/