Rome: L’économie a besoin d’une éthique « amie de la personne »
Rome, 10 février 2010 (Apic) Benoît XVI a rappelé à quel point «l’économie» avait «besoin d’une éthique amie de la personne» qui ne soit pas insensible aux pauvres, lors de l’audience générale du 10 février, en présence de quelque 8’000 pèlerins.
Consacrant sa catéchèse hebdomadaire au franciscain portugais saint Antoine de Padoue (1195-1231), le pape a par ailleurs encouragé les fidèles à prier en se détachant «des distractions provoquées par les préoccupations de l’âme» et en créant «le silence dans l’âme même».
Au début du 13e siècle, «dans le contexte de la renaissance des villes et du fleurissement du commerce, le nombre de personnes insensibles aux besoins des pauvres a augmenté», a ainsi affirmé Benoît XVI dans sa catéchèse. Pour cette raison, a-t-il expliqué, saint Antoine avait invité les fidèles à «penser à la vraie richesse, celle du cœur».
Cet «enseignement» du franciscain est «très important et actuel aussi aujourd’hui», a ensuite lancé le pape, alors que «la crise financière et les graves déséquilibres économiques appauvrissent de nombreuses personnes et créent des conditions de misère». Citant son Encyclique sociale Caritas in veritate, le pape a alors rappelé que «l’économie a besoin d’une éthique, mais pas n’importe laquelle, d’une éthique amie de la personne».
Le saint portugais que Pie XII a proclamé docteur de l’Eglise en 1946, a en outre expliqué Benoît XVI, «nous rappelle que la prière est comme une relation d’amour avec le Seigneur, qui pousse l’homme à dialoguer doucement avec lui». Aux yeux du pape, «la prière a besoin d’une atmosphère de silence», qui ne constitue pas un «détachement du bruit extérieur» mais qui soit «une expérience intérieure qui vise à se détacher des distractions provoquées par les préoccupations de l’âme, créer le silence dans l’âme même».
Enfin, Benoît XVI a souhaité souligner «l’importance de l’image du crucifié (le Christ, ndlr) pour notre culture, notre humanisme né de la foi chrétienne». A ses yeux, c’est «en regardant le crucifié» que l’on voit «à quel point la dignité de l’homme est grande». Cette vision, a ajouté le pape, avait inspiré à saint Antoine une «pensée de reconnaissance envers Dieu et d’estime de la dignité de la personne humaine, afin que tous, croyants et non-croyants, puissent trouver dans le crucifié un sens qui enrichisse la vie».
En saluant les pèlerins de différentes langues, à la veille de la fête de Notre-Dame de Lourdes, également Journée mondiale du malade depuis 1992, le pape a assuré de sa prière les «frères qui portent la croix de la maladie et de la souffrance» et les a confiés «à la protection de la Vierge Marie». Le 11 février, les reliques de sainte Bernadette seront portées en procession le long de la Via della Conciliazione, près du Vatican, jusqu’à la basilique Saint-Pierre, où Benoît XVI présidera une messe en milieu de matinée. (apic/imedia/cp/pr)
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