Des membres demandent le départ de Mgr Fisichella, qui avait pris la défense d’une fillette
Rome, 19 février 2010 (Apic) Des membres de l’Académie pontificale pour la vie demandent le départ de leur président, Mgr Fisichella. Un fait inédit au Vatican. On reproche à Mgr Fisichell d’avoir pris la défense d’une fillette brésilienne qui avait avorté après un viol.
Quelques jours après l’Assemblée plénière de l’Académie pontificale pour la vie, tenue du 11 au 13 février 2010, 5 de ses membres ont souhaité que Benoît XVI confie à Mgr Rino Fisichella, président de cette académie, une charge «correspondant mieux à ses capacités».
Ces académiciens se sont exprimés dans une déclaration datée du 16 février 2010 et mise en ligne par des sites Internet de défense de la vie et de la famille. Une grande tension règnerait au sein de l’Académie pontificale pour la vie à la suite de la publication, en mars 2009, par Mgr Fisichella, d’un article controversé dans L’Osservatore Romano pour défendre la fillette de Recife (Brésil) ayant avorté après avoir été violée.
Interpellé par la presse sur cette question, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, a indiqué que cette lettre «qui critique» Mgr Fisichella n’est parvenue «ni au pape, ni au secrétaire d’Etat, qui en sembleraient pourtant les destinataires naturels».
Le jésuite a donc jugé cette procédure «anormale» et la «diffusion publique» de cette déclaration pour le moins «incorrecte». Le père Lombardi a aussi invité à noter que Mgr Schooyans, l’un des signataires, était absent lors de la dernière assemblée plénière, «qui aurait été le lieu naturel pour affronter cette question».
Une telle demande de démission d’un président d’Académie pontificale par ses membres, même si les signataires sont peu nombreux au regard du nombre d’académiciens, est un fait inédit au Vatican.
Dans leur déclaration, ces membres – 4 laïcs et un prélat – expliquent tout d’abord que «la contestation de Mgr Rino Fisichella en tant que président de l’Académie pontificale pour la vie, annoncée par plusieurs commentateurs», n’avait pas eu lieu pendant l’assemblée «à cause d’une décision politique prise par certains membres».
Selon les signataires, une contestation «ouverte» aurait divisé l’académie, car beaucoup de membres auraient en effet trouvé «inapproprié de traiter de cette façon un homme nommé par le pape» et parce que ce «défi ouvert de la part d’académiciens laïcs aurait risqué d’amener la curie à serrer les rangs» autour du prélat.
Mais ces 5 membres sont surtout convaincus que, «selon des sources fiables, Mgr Fisichella est largement considéré, à la curie, comme inadapté à la présidence de l’Académie pontificale pour la vie» et qu’»il y a un espoir raisonnable que le pape reconnaisse qu’il est nécessaire de lui confier une charge correspondant mieux à ses capacités».
Toutefois, ils ont regretté que «l’absence de contestation ouverte» envers Mgr Fisichella ait donné «l’impression regrettable que les académiciens appuyaient sa présidence, par résignation ou pour quelque autre raison», ajoutant que «rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité». Et d’accuser leur président de ne pas avoir manifesté, au cours de cette assemblée plénière, «la moindre conscience des effets dévastateurs de son article dans L’Osservatore Romano ou de sa responsabilité quant à ces effets».
En mars 2009, dans les colonnes du quotidien du Vatican, Mgr Rino Fisichella avait ainsi pris la défense d’une fillette brésilienne de 9 ans ayant avorté – les médecins craignaient de plus pour sa vie – après avoir été violée et avait jugé que l’excommunication prononcée par Mgr José Cardoso Sobrinho, alors archevêque de Recife, à l’encontre de l’équipe médicale ayant pratiqué l’avortement, était «un jugement qui tombe comme un couperet». Cette prise de position avait suscité de fortes dissensions entre le président et certains membres de l’Académie pontificale pour la vie. (apic/imedia/cp/pr)
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