Cameroun: Inquiétant trafic et traite des enfants à Maroua, plaque tournante

Les forces de sécurité invitées à s’impliquer pour combattre ce fléau

Yaoundé, 22 février 2010 (Apic) Les forces de sécurité du Cameroun ont été invitées à s’impliquer pour combattre le phénomène de trafic et de traite des enfants dans le pays, a rapporté le quotidien Cameroon-Tribune. Le fléau est encore plus remarquable à Maroua (extrême nord), à la fois ville carrefour et première ville touristique au Cameroun.

L’une des images fortes qui s’offrent dans cette ville est «le nombre impressionnant» d’enfants de la rue. Certains traînent au coin des rues, d’autres sont recrutés pour diverses tâches dans les foyers, par des réseaux de recrutement «puissamment organisés». Leur mission: fournir une main d’œuvre bon marché dans le pays ou dans les pays voisins Gabon, Guinée Equatorial, par exemple.

La situation géographique de la ville-carrefour de Maroua, localisée à la frontière entre le Cameroun et le Tchad, fait qu’elle est devenue une plaque tournante pour la traite et le trafic des enfants. Les victimes sont parfois acheminées, à partir de cette grande agglomération, dans les grandes villes pour être enrôlées dans les réseaux de mendicité, de trafic de drogue, de prostitution et de pornographie. Ce sont des enfants analphabètes, dans leur majorité, venus en général, d’autres localités de l’intérieur du pays ou des pays limitrophes, de familles aux conditions de vie précaires.

L’ampleur du phénomène inquiète, car elle s’accentue au fil des jours. Une forte discrétion entoure l’identité des trafiquants et de leurs complices.

Face à cette situation qui détruit l’enfance dans cette partie du pays, l’Association enfants, jeunes et avenir (ASSEJA) a organisé la semaine dernière un séminaire pour étudier les voies et moyens de combattre le phénomène.

Au terme de leurs travaux, ils ont préconisé «une coordination des actions de répression de la traite» des enfants, le renforcement de la collaboration entre l’Organisations non gouvernementales, comités de vigilance et les différents corps de sécurité (gendarmerie, police, douane, agents des eaux et forêts) pour référence des démanteler les réseaux de trafic d’enfants.

Les travaux ont été marqués par des exposés et des cas pratiques d’enfants vendus, puis récupérés, qui sont maintenant encadrés par des avocats et des organisations de protection de l’enfance. (apic/ibc/pr)

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