Rome: Il y a 5 ans, le monde assistait à la longue agonie de Jean Paul II

Le pape a lutté jusqu’au bout

Rome, 23 février 2010 (Apic) Il y a 5 ans, le 23 février 2005, très affaibli, le pape Jean Paul II (1978-2005) tenait depuis ses appartements la dernière audience générale de son pontificat, en vidéoconférence. Le lendemain, le pape de 84 ans allait être hospitalisé pour la deuxième et dernière fois en l’espace de quelques semaines, subissant une trachéotomie. De retour au Vatican le 13 mars, le pape polonais décédait dans la soirée du 2 avril.

C’est fin janvier 2005 qu’avait débuté la longue agonie de Jean Paul II, relayée par les médias du monde entier. Le 30 janvier 2005, à l’occasion de la prière de l’angélus, le pape polonais avait ainsi salué les jeunes de l’Action catholique de Rome et procédé au traditionnel lâcher de colombes, restant plus longtemps que d’habitude à la fenêtre de son bureau, en plein vent. Le pape polonais, apparu alors particulièrement souriant à cette occasion, avait cependant pris froid.

D’abord une «grippe»

Le 1er février, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, annonçait la suspension de tous les rendez-vous du pape prévus pour la semaine, en raison d’une «grippe». Dans la soirée du 2 février, Jean Paul II était transféré d’urgence à l’hôpital Gemelli de Rome. Le lendemain, le Vatican affirmait qu’il souffrait d’une trachéo-laryngite aiguë accompagnée de spasmes. Il resta hospitalisé durant 9 jours, le Saint-Siège se voulant chaque jour de plus en plus rassurant sur son état de santé. Le retour médiatisé du pape au Vatican, en papamobile, dans la soirée du 10 février, confirma cette amélioration. Pourtant, le souverain pontife ne reprit pas immédiatement ses activités, renonçant par exemple à participer aux traditionnels exercices spirituels de Carême de la curie romaine.

Le 22 février, le président du gouvernement de la République de Croatie, en visite de courtoisie à Rome, était reçu en audience sans qu’aucune précision ne soit donnée sur le contenu de la rencontre. Il semblait donc que le pape souhaitait reprendre son activité, allant même, pour la première fois de son pontificat, jusqu’à tenir brièvement l’audience générale du 23 février par vidéoconférence, depuis la bibliothèque de ses appartements. Jean Paul II avait cependant une élocution particulièrement difficile et d’évidents problèmes de respiration.

Deuxième hospitalisation

Le lendemain, 24 février, le pape renonçait à participer à un consistoire ordinaire public et, dans la foulée, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège annonçait une nouvelle hospitalisation de Jean Paul II à l’hôpital Gemelli, 14 jours après son retour du même hôpital, précisant que le souverain pontife souffrait d’une rechute du symptôme grippal. En raison de graves problèmes respiratoires, Jean Paul II subit quelques heures plus tard une trachéotomie. A la surprise générale, le dimanche suivant, il apparut, muet, à la fenêtre de sa chambre d’hôpital, pour la prière de l’angélus, bénissant la foule pendant la lecture du texte pontifical par le substitut de la Secrétairerie d’Etat.

A l’approche de la Semaine sainte, Joaquin Navarro-Valls annonça que la phase post-opératoire de Jean Paul II se déroulait sans complications, puis que le pape participait «activement» à ses exercices de rééducation phonique. Le dimanche 13 mars, toujours depuis l’hôpital, le pape souhaita «un bon dimanche et une bonne semaine» aux fidèles. A l’époque, les médias contestèrent l’authenticité de la voix du pape, évoquant la possibilité de la diffusion d’un enregistrement. Le soir même, il rentrait au Vatican, suivi de près par de nombreuses équipes de médecins.

Durant la Semaine sainte et les cérémonies de Pâques, Jean Paul II maintint le contact avec les fidèles par de régulières apparitions à sa fenêtre ou par vidéoconférence. Sa douleur et sa souffrance étaient alors nettement visibles sur son visage. Depuis son retour de l’hôpital, il était aussi toujours resté silencieux. Malgré ses efforts obstinés pour essayer de s’adresser à la foule, le 27 mars, jour de Pâques, et le 30 mars, jour d’audience générale, il n’y parvint pas. Le même jour, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège annonça la pose d’une sonde naso-gastrique pour permettre à Jean Paul II de s’alimenter et de reprendre des forces.

Les derniers jours

Puis, dans la soirée du 31 mars, Joaquin Navarro-Valls rapportait que le pape avait été atteint par une forte fièvre provoquée par une infection urinaire et qu’une septicémie s’était déclarée avec un arrêt cardiaque. Le lendemain matin à l’aube, il affirmait que les conditions de santé du pape s’étaient aggravées, mais que celui-ci restait conscient, lucide et serein, ayant célébré la messe tôt le matin dans sa chambre, au Vatican.

Le 1er avril, en tout début de matinée, le Saint-Siège qualifiait de «critiques» les conditions de santé du pape. Le soir même, Joaquin Navarro-Valls confiait l’aggravation des conditions générales et cardio-respiratoires de Jean Paul II, affirmant que ses paramètres biologiques étaient «compromis de façon notable». Son état de santé ne cessa de s’aggraver au fil de la journée du 2 avril, alors que des centaines de fidèles priaient pour lui jour et nuit sous ses fenêtres, place Saint-Pierre. Un peu avant 22h, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, annonça que Jean Paul II était mort à 21h37 dans ses appartements. (apic/imedia/ami/be)

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