Affronter les nouveaux défis de l’Eglise réformée en Suisse
Berne, 24 février 2010 (Apic) Les Eglises réformées Berne-Jura-Soleure ont lancé la candidature du pasteur Gottfried Locher à la présidence du Conseil de la FEPS (Fédération des Eglise protestantes de Suisse). Vice-président de l’Alliance réformée mondiale, il briguera en juin la succession de Thomas Wipf.
«Le bon candidat au bon moment». Pour Andreas Zeller, président du Conseil synodal des Eglises réformées Berne-Jura-Soleure, le pasteur Locher est à même de relever les importants défis devant lesquels se trouve l’Eglise réformée en Suisse, lors que le conseil de la FEPS vit une «véritable césure». «Avec la démission du Président du Conseil synodal, Thomas Wipf, l’exécutif de la FEPS va passer de neuf à sept membres, dont trois seulement se représentent. A la fin de l’année, le directeur du secrétariat fera valoir ses droits à la retraite», a rappelé Andreas Zeller lors d’une conférence de presse, le 24 février à Berne, en soulignant également que «des finances chancelantes et un contexte en pleine évolution nous obligent à débattre de stratégie».
Réfutant certaines affirmations lancées dans la presse alémanique, selon lesquelles l’Eglise réformée bernoise tente de «prendre le pouvoir en Suisse», le président du Conseil synodal Berne-Jura-Soleure a affirmé que la candidature du pasteur Locher reflétait une attitude de responsabilité et de disponibilité de la part de son Eglise, implantée dans une région à 60% réformée – ce qui devient une exception en Suisse -, à la charnière entre la Suisse alémanique et la Suisse romande. Le canton de Berne est d’ailleurs le seul canton où l’Eglise réformée est encore majoritaire, a rappelé Andreas Zeller. Ajoutant: «Le rapport de forces au sein de la FEPS reste le même: nous sommes disposés à couvrir un quart des dépenses sans pour autant revendiquer un quart des voix à l’assemblée où les Eglises réformées Berne-Jura-Soleure disposent de 9 voix sur 70.»
Il a présenté le candidat Locher comme «un théologien reconnu, au bénéfice d’une longue expérience au sein des instances du protestantisme international et un homme de la rencontre», qui «répond de l’avis du Conseil synodal aux exigences de la direction d’une fédération forte qui doit relever les défis du protestantisme suisse de demain». Sa candidature à la présidence du Conseil de la FEPS a été unanimement soutenue par le Conseil synodal des Eglises réformées Berne-Jura-Soleure.
Selon le pasteur Zeller, la FEPS de trouve devant plusieurs grands défis, aux niveaux stratégique, oecuménique et financier. «Dans quelle voie la FEPS doit-elle s’engager? Comme une confédération d’Eglises ou comme une organisation faîtière efficace? Comment le dialogue avec l’Eglise catholique, les autres Eglises et religions doit-il se poursuivre? Avec quelles ressources et de quelle provenance devons-nous répondre aux besoins des 26 Eglises membres?», a-t-il lancé devant la presse. «Le Conseil synodal apporte des idées et propose des noms et c’est donc dans cette perspective qu’il soutien résolument la candidature du pasteur Gottfried Locher», a-t-il affirmé.
Le pasteur Lucien Boder, conseiller synodal et membre du Conseil de la FEPS, a certifié que Gottfried Locher était «un Alémanique que les Romands estiment capables de les comprendre et de les représenter». Pour sa part, Pia Grossholz-Fahrni, vice-présidente du Conseil synodal Berne-Jura-Soleure, a également dressé un portrait élogieux du candidat. «Il ne s’agit pas de se demander s’il faut un Romand ou une femme, mais plutôt qui est le mieux à même de présider le Conseil de la FEPS. D’où la candidature de Gottfried Locher».
Ce dernier a souligné devant la presse que le protestantisme, même s’il est en perte de vitesse au niveau de ses membres, «a imprégné de façon profonde l’histoire de la Suisse et conserve une place importante dans la société». «Cette tradition doit être davantage visible dans notre pays», estime Gottfried Locher. «Un protestantisme bien profilé va dans l’intérêt même de notre pays. La spiritualité et l’éthique réformées ont marqué l’histoire de la Suisse. Il convient de veiller à ce que leur contribution à la sensibilisation de l’opinion dans les domaines politique, économique et social se poursuive à l’avenir aussi. C’est l’une des missions principales de la Fédération des Eglises», a-t-il poursuivi. Le candidat bernois a relevé trois défis que la FEPS sera amené à relever ces prochaines années:
– le renforcement des Eglises réformées en Suisse,
– une identification accrue des directions ecclésiastiques avec la Fédération des Eglises,
– l’intégration des besoins des petites et grandes Eglises membres de la FEPS.
S’il est élu à la présidence du Conseil de la FEPS lors de l’assemblée des 70 délégués, du 13 au 15 juin à Herisau (Appenzell Rhodes extérieures), le pasteur Locher quittera presque toutes les autres fonctions qu’il occupe au niveau international, national et universitaire, car il s’agit d’une activité à plein temps.
Jusqu’à présent, aucun autre candidat ne s’est annoncé dans les Eglises réformées en Suisse, alors que logiquement la Romandie aurait toute les raisons de revendiquer la présidence à laquelle elle n’a plus accédé depuis plusieurs décennies. «Jusqu’en été dernier, nous avions soutenu la candidature du pasteur Antoine Reymond», a expliqué Andreas Zeller. Mais comme en juin 2009, il n’a pas été réélu au Conseil synodal vaudois, la situation est devenue trop problématique. Les Eglises réformées Berne-Jura-Soleure ont ensuite pris la décision de présenter la candidature du pasteur Locher.
Agé de 43 ans, Gottfried Locher a grandi à Berne et habite Berne. Il est marié et père de trois enfants. Après des études de théologie réformée à Université de Berne de 1986 à 1991, il est consacré pasteur de l’Eglise nationale réformée évangélique du canton de Berne en 1993. Il devient docteur en théologie systématique en 2000, et obtient un Master of Business Administration à Londres en 2001. Il et engagé comme pasteur durant six années à l’Eglise suisse de Londres et obtient de nombreux mandats nationaux et internationaux:
– Dès 1999: Mandataire oecuménique au sein de la Fédération des Eglises protestante de Suisse (FEPS).
– 2001: Direction de la division des affaires extérieures nouvellement créée au sein de la FEPS et membre de la commission centrale du Conseil oecuménique des Eglises.
– 2002: Election comme président européen de l’Alliance réformée mondiale.
– 2004: Election au sein du collège des cinq vice-présidents de l’Alliance réformée mondiale.
– 2006: Direction de l’Institut des études oecuméniques de l’Université de Fribourg.
«Il ne s’agit pas d’une forme de catholicité», a expliqué Gottfried Locher à Berne devant la presse, «mais je pensais emplir cette fonction des qualités réformées». Et de rappeler que la façon très démocratique de fonctionner dans l’Eglise réformée en Suisse n’est –de loin – pas implantée partout. «A l’étranger, certaines Eglises réformées ont aussi des évêques et fonctionnent autour d’une plus forte hiérarchie». (apic/bb)
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