Comment «être Eglise ensemble» dans cette diversité

Berne: Les nouvelles Eglises de migrants en Suisse posent des questions nouvelles

Berne, 25 février 2010 (Apic) La Suisse est de longue date un pays d’immigration. Au cours des dernières décennies, l’arrivée d’immigrés chrétiens a entraîné la création de dizaines d’Eglises de migrants. Mais le paysage s’est de plus en plus diversifié ces dernières années, qui ont vu la création en Suisse de plus de 300 nouvelles Eglises, fondées par des migrantes et migrants venus d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie. Elles sont plus ou moins bien structurées et intégrées dans le pays d’accueil. Les Eglises traditionnelles de Suisse se trouvent ainsi confrontées ainsi à la question de l’»être Eglise ensemble».

Dans une étude publiée jeudi 25 février, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) relève qu’il y a une quarantaine d’années, on comptait 48 «Eglises étrangères en Suisse», pour la plupart émanation des communautés de travailleurs immigrés venus des pays voisins. Mais ces dernières années, des travailleurs arrivent en Suisse des pays les plus divers, ainsi que des requérants d’asile fuyant la pauvreté ou les persécutions, ce qui rend la situation plus complexe et plus diversifiée.

Migrants et requérants d’asile venus d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie

Ces derniers arrivés apportent avec eux tant leur foi que leur manière de la vivre. La FEPS relève que les Eglises fondées au cours des dernières années en Suisse par des immigrés venus d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie sont un signe visible de cette pluralité croissante. Ces nouvelles communautés ont souvent une assise financière très précaire.

Les «anciennes» Eglises de migrants, formées par les premières vagues d’immigrés (à Bâle-Ville, par exemple, il y a une communauté anglicane anglophone, une communauté française réformée, une Eglise évangélique de langue italienne, une autre de langue hongroise, etc.), tout comme les «nouvelles», font désormais partie intégrante du paysage ecclésial helvétique. Dans la préface de l’étude de la FEPS intitulée «Les nouvelles Eglises de migrants en Suisse», le pasteur Thomas Wipf, président du Conseil de la FEPS, relève que ces nouvelles Eglises font, comme les anciennes, partie intégrante du paysage ecclésial helvétique. «Elles sont membres d’un seul corps ’Eglise’, un corps qui est de toutes les couleurs. Plus est grande la diversité des membres, plus il est important qu’ils se rencontrent et qu’ils communiquent entre eux».

Pour le pasteur Thomas Wipf, «une chance pour les deux côtés»

La rencontre des Eglises nationales avec les nouvelles Eglises de migrants constitue «une chance pour les deux côtés», remarque Thomas Wipf. Les Eglises nationales peuvent aider les Eglises de migrants à acquérir plus d’assise institutionnelle, tandis que les Eglises de migrants apportent aux Eglises nationales une force et une pluralité enrichissantes, note le pasteur Wipf. Et d’ajouter: «Cette force, nous devons la faire valoir dans la société et dans l’Eglise.»

La FEPS présente ainsi une étude comportant un matériel empirique, des réflexions théologiques et de sciences sociales ainsi que des recommandations d’action, sur ces 300 nouvelles Eglises de migrants en Suisse.

L’étude donne pour la première fois au niveau national un aperçu sur la forme d’organisation, le nombre et les membres des Eglises de migrants. Leur relation à la société en général ainsi qu’aux Eglises sur place est traité selon des thématiques théologiques et de sciences sociales.

Cette nouvelle pluralité de l’Eglise met au défi la conception chrétienne de la communauté et pose cette question: «Quelles sont les chances offertes par une intégration réussie pour la pluralité de la communauté ecclésiale protestante en Suisse?» L’étude inclut dans ces réflexions des points théologiquement sensibles comme la pratique du culte et la mission, ainsi que la compréhension de l’Eglise et du ministère.

Conformément à l’idée directrice «Etre Eglise ensemble», l’étude offre des perspectives concrètes d’action. Parmi lesquelles figurent au premier plan l’encouragement à la rencontre avec les Eglises de migrants, une meilleure mise en réseau thématique au niveau national ainsi que le renforcement de la fonction intégrative des Eglises de migrants pour leurs membres, et l’ouverture des structures des Eglises nationales tant aux Eglises de migrants qu’aux migrantes et migrants eux-mêmes. L’étude (127 pages, français et allemand) peut être téléchargée gratuitement ou commandée pour CHF 15.– sur le site www.feps.ch/shop (apic/com/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/comment-etre-eglise-ensemble-dans-cette-diversite/