Afrique : Alerte précoce à la méningite

Déjà plus de 2’000 cas enregistrés, la situation est «alarmante», selon l’OMS

Dakar, 25 février 2010 (Apic) Les ministères africains de la santé des pays de la «ceinture méningite» qui va du Sénégal à l’Ethiopie, ont sonné l’alerte : l’épidémie de méningite a déjà fait son apparition dans plusieurs de ces pays. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décrit la situation comme «alarmante». Plus de 2’000 sont déjà enregistrés depuis le début de l’année.

La maladie se déclare durant la saison sèche, allant de mars à juin, avec un pic à la mi-avril. Durant la saison de méningite l’année dernière, 4’053 morts ont été dénombrés sur 78’416 cas suspects, dans l’ensemble des pays de la ceinture de méningite. C’est le plus grand nombre d’infections noté depuis 1996.

Selon l’agence de presse de l’ONU, IRIN (Réseau régional d’information intégrée), 1’251 cas de méningite, avec un taux de mortalité de 15,4% ont été enregistrés au Burkina-Faso à la date du 17 février dernier. L’année dernière, à cette même époque, il y avait eu 25 % d’infections en moins, mais un pourcentage de décès similaire. Au Togo voisin, 108 cas dont 25 décès ont aussi été recensés en date du 7 février. Au Tchad, le ministère de la Santé a déclaré que le 19 février, il y avait 507 cas de méningite dont 59 décès, soit un taux de mortalité de 11%. Des cas d’infection ont été déclarés également en Ouganda, au Kenya et en République Démocratique du Congo.

Au Burkina-Faso, la maladie a atteint un seuil épidémique, défini par l’OMS comme une zone où au moins 10 personnes sur 100’000 sont infectées. Les localités les plus touchées sont celles de Pama dans l’est, Titao dans le nord, Sapouy dans le centre ouest, et Batié dans le sud-est. Trois autres districts sanitaires, ayant noté la moitié du nombre de cas rapportés, sont en alerte, selon le ministère de la Santé du pays.

Dans une déclaration à IRIN, un épidémiologiste de l’OMS et expert en méningite, Mamoudou Harouna Djingarey, a indiqué que les spécialistes ne savaient pas encore pourquoi l’épidémie s’est manifestée plus tôt que prévue cette année. «C’est le signe d’un risque majeur d’épidémie si aucune action n’est entreprise», a-t-il averti. «Les épidémies graves de méningites ont tendance à se déclarer tous les huit ou dix ans, mais désormais elles se déclarent environ tous les quatre ans», a-t-il ajouté.

Des études sont menées afin de déterminer si des facteurs climatiques ou environnementaux pourraient influer sur la gravité de l’épidémie actuelle.

Vaccination

Pour lutter contre la maladie, l’OMS recommande de vacciner toute personne âgée de deux à 29 ans et vivant dans une des zones de l’épidémie, ainsi que les habitants des zones voisines. Dans ce cadre, une campagne de vaccination a été entamée au Burkina-Faso, pays le plus exposé. «S’il ne possède pas assez de vaccins, il peut demander des vaccins gratuits ou à un coût minimal à un stock de vaccins géré par l’OMS», a souligné pour sa part à IRIN, Alejandro Costa, un spécialiste des vaccins de l’OMS, ajoutant «que jusqu’à présent, aucun pays de la ceinture méningite n’avait fait de demande de vaccins».

Selon Costa, 100’000 doses de vaccins prélevées sur le stock de vaccins avaient été envoyées au Tchad. Il n’y avait pas de vaccins disponibles dans le pays, qui était confronté à une épidémie dans les régions de Mandoul et du Logone Oriental. Le ministère de la Santé du Tchad a dit que 42’000 personnes dans la ville de Doba dans le sud avaient besoin d’être vaccinées. (apic/ibc/js)

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