Pologne: L’Eglise catholique connaît un nouveau recul des vocations

Le pays reste à vocation missionnaire

Varsovie, 25 février 2010 (Apic) L’Eglise catholique romaine en Pologne a annoncé un nouveau déclin des vocations sacerdotales et monastiques, faisant naître des craintes quant à sa capacité à long terme à répondre aux besoins pastoraux.

« Pour la première fois depuis plusieurs années, le nombre d’étudiants des séminaires diocésains est tombé sous les 4’000 », a indiqué l’agence d’information de l’Eglise, KAI, le 18 février. « Le nombre de séminaristes se destinant à rentrer dans un ordre monastique masculin est comparable à celui de l’année dernière.

« Cependant », précise le rapport, « un déclin marqué s’est poursuivi dans les ordres religieux féminins ».

Selon l’agence, 687 Polonais ont commencé la première année de formation dans les séminaires diocésains fin 2009, soit 32 de moins qu’en 2008, les effectifs les plus importants se trouvant dans les évêchés de Cracovie et de Tarnów, dans le sud du pays, et les moins importants dans ceux de Drohiczyn et Lowicz.

Par ailleurs, 655 personnes se sont en outre inscrites dans des séminaires d’ordres religieux masculins, ce qui constitue un net recul par rapport aux années précédentes. Ce sont les ordres franciscain et salésien qui obtiennent le plus de recrues.

Cependant, les inscriptions dans les ordres féminins ont chuté pour la cinquième année consécutive, 300 femmes ayant commencé leurs études de pré-noviciat, contre 723 il y a dix ans. Par ailleurs, 46 femmes ont décidé d’entrer dans des ordres contemplatifs fermés, alors qu’elles étaient 117 dix ans plus tôt. Au total, 28 couvents ont fermé leurs portes en Pologne au cours de l’année 2009, a indiqué l’agence KAI.

Pour les évêques catholiques romains de Pologne, ce sont le recul actuel de la population polonaise et le nombre de diplômés du secondaire qui sont responsables de ce déclin, ainsi que l’émigration en masse des jeunes Polonais, qui partent trouver du travail à l’étranger.

Cependant, les familles affirment qu’il est de plus en plus difficile d’accepter la décision de leurs enfants de se faire ordonner, les récents scandales relayés par les médias ayant porté atteinte à l’image de l’Eglise.

Un pays à vocation missionnaire

Le porte-parole de la Conférence épiscopale de Pologne, Józef Kloch, a déclaré au correspondant d’ENI que les perspectives à long terme des vocations sont « une question pour les sociologues ».

« Si la chute se poursuit dans les années à venir, on pourra commencer à parler d’une véritable tendance », a déclaré le prêtre le 23 février. « Pour l’heure, il convient de travailler avec les jeunes pour susciter des vocations et d’encourager les prêtres en puissance à répondre à leur appel. »

Les vocations avaient doublé en Pologne après l’élection du pape polonais Jean-Paul II, en 1978, avec un pic atteint en 1895-1987. Aujourd’hui, les prêtres polonais représentent un cinquième du total des prêtres de l’Eglise catholique en Europe, où de nombreux diocèses dépendent des prêtres polonais pour pallier les pénuries pastorales locales.

D’après le père Kloch, il est peu probable, pour le moment, que le déclin affecte la capacité de son Eglise à envoyer des prêtres à l’étranger. « La Pologne reste l’un des pays comptant le plus de prêtres et notre production missionnaire continue », a affirmé le porte-parole de la Conférence épiscopale. (apic/eni/js)

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