Philippines: Les Eglises appellent de leurs vœux une « politique du changement »

Lutter contre la fraude électorale

Manille, 4 mars 2010 (Apic) Les Eglises des Philippines se sont engagées à faire pression en faveur de réformes électorales afin de limiter les fraudes lorsque les Philippins se rendront aux urnes pour choisir un nouveau président et d’autres représentants en mai.
« Nous devons rester vigilants et ne pas laisser l’exercice du pouvoir aux seuls politiciens », a déclaré le pasteur Rex Reyes, secrétaire général du Conseil national des Eglises des Philippines, au correspondant d’ENI le 3 mars.

Le pasteur Reyes a mentionné un rapport présenté le 1er mars par le Conseil pastoral des Philippines pour une élection responsable, un organisme de surveillance de l’Eglise catholique romaine. Le Conseil a indiqué avoir découvert plus de 40’000 « inscriptions doubles » et « électeurs fantômes » à Davao et dans la province du Davao du Sud.

D’après le Conseil, cette découverte n’est que « la partie émergée de l’iceberg » et le pasteur Reyes a affirmé qu’elle doit donc « nous inciter à faire pression en faveur d’une politique de changement, car les réformes électorales ont encore un long chemin à faire ».

«Listes gonflées» d’électeurs

Citant la révélation d’un ancien commissaire d’élection, l’archevêque à la retraite Oscar Cruz, de l’archidiocèse de Lingayen, a déclaré au correspondant d’ENI qu’il existe des « listes gonflées » d’électeurs pour 2010, grossissant les chiffres de cinq millions. Ce chiffre, a-t-il expliqué, pourrait être plus que suffisant pour influencer le résultat de l’élection.

Le commissaire d’élection Gregorio Larrazabal a cependant nié toute double inscription d’électeurs. Il a déclaré à la presse que le Conseil pastoral avait peut-être obtenu une liste électorale provisoire et non pas la liste définitive. L’avocat du Conseil catholique, Howard Calleja, a toutefois affirmé que son organisation avait obtenu la liste finale, et Gregorio Larrazaba a promis de se pencher sur la question.

La commission électorale a donné son assurance que l’élection de 2010 serait crédible, car, pour la première fois, elle sera informatisée et les bulletins de vote spéciaux seront comptés par ordinateur.

Ne pas baisser la garde

Pourtant, le Conseil national des Eglises des Philippines et le Conseil pastoral catholique, ainsi que d’autres organismes indépendants de supervision des élections, ont averti qu’ils ne baisseraient pas leur garde. Le pasteur Reyes a déclaré qu’il existe une menace permanente, celle que « ceux qui sont au pouvoir sapent le processus électoral. »

Certains de ceux qui partagent cette analyse font allusion à la victoire de la présidente Gloria Macapagal-Arroyo en 2004, qui, selon eux, était extrêmement douteuse.

D’autres trouvent ironique que Gloria Arroyo avait été soutenue par des responsables d’Eglise comme le cardinal Jaime Sin, aujourd’hui décédé, lors du soulèvement populaire contre l’ancien président Joseph Estrada, en 2001, après que celui-ci eut été accusé d’avoir pillé les ressources nationales et d’être un joueur invétéré.

Gloria Arroyo, qui était alors vice-présidente, a été investie présidente en janvier 2001 et s’est présentée à sa propre succession en 2004.

Les organisations protestantes et catholiques sont unies pour mener des campagnes d’éducation des électeurs et pour inciter à la mise en place de critères de sélection des candidats afin d’écarter les candidats utilisant l’argent, les pots-de-vin et les armes pour obtenir des voix. (apic/eni/js)

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