Pakistan: Mgr Lawrence Saldanha demande au gouvernement de protéger les minorités religieuses
Lahore, 5 mars 2010 (Apic) Mgr Lawrence Saldanha, archevêque catholique de Lahore, au Pakistan, demande au gouvernement d’Islamabad de protéger les minorités religieuses soumises au chantage permanent des militants islamistes. Le président de la Conférence épiscopale pakistanaise dénonce «l’attitude léthargique» des autorités pakistanaises face aux attaques contre les non musulmans.
Dans un document de la commission «Justice et Paix» de la Conférence des évêques, Mgr Saldanha déplore que le gouvernement pakistanais a, de fait, donné le feu vert aux talibans, encourageant par conséquent «l’imposition de la ’jizya’, un impôt que doivent payer les non-musulmans – par les organisations islamistes militantes». Les minorités religieuses sont également la cible d’enlèvements pour obtenir des rançons, d’assassinats ciblés et victimes de déplacements internes, déplore la Commission pakistanaise «Justice et Paix».
Les récents incidents violents visant les sikhs, les hindous et les chrétiens sont une «grave menace pour la vie, la liberté et les biens des membres des minorités religieuses dans le pays», souligne la Commission «Justice et Paix». Ainsi, les sikhs ont subi les agressions des islamistes dans la province de la Frontière-du-Nord-Ouest (en anglais: North-West Frontier Province ou NWFP). Des dizaines d’hindous ont perdu leur vie et leur propriété dans les provinces du Sindh et du Balouchistan, tandis que des chrétiens ont été attaqués dans la Vallée de Swat et dans d’autres régions.
«Les gouvernements fédéral et des provinces devraient considérer ces incidents comme une sonnette d’alarme et devraient prendre des mesures rigoureuses pour contrôler la situation», estime la Commission.
Mgr Lawrence Saldanha souligne que les chrétiens pakistanais sont des citoyens comme tous les autres et devraient avoir les mêmes droits. Il se dit angoissé par le fait que les chrétiens soient menacés s’ils ne cèdent pas aux tentatives de conversion à l’islam. Le prélat déplore que depuis quelques années, on assiste au Pakistan à une radicalisation croissante parmi les musulmans fondamentalistes, qui voudraient introduire une forme plus réductrice de l’islam en réformant la loi islamique. Moins de 3% des 166 millions de Pakistanais sont chrétiens. JB
(*) Un dhimmi est, selon le droit musulman, un non musulman ayant conclu avec les musulmans un traité de reddition (»dhimma») déterminant ses droits et devoirs. Dès le VIIème siècle, lors de ses premières conquêtes militaires, l’islam a pris possession de nombreux territoires peuplés par des populations chrétiennes. Ces populations ont été soumises au statut de «dhimmi», c’est-à-dire soumises à une imposition spéciale (la jizya et la kharâj) leur garantissant la vie sauve et la préservation de leurs biens ainsi qu’une relative liberté de culte. Toutefois, la «dhimmitude» (ou le statut de «dhimmi») est en état d’infériorité et le «dhimmi» ne peut se prévaloir des mêmes droits qu’un musulman. Il est conçu comme un statut accordé à titre provisoire, les personnes concernées étant invitées à se convertir à l’islam. (apic/cns/be)
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