Incompétence des pouvoirs et marché juteux pour les fabricants de mort
Kigali, 10 mars 2010 (Apic) 500 millions d’armes légères circulant dans le monde entier ont causé depuis le mois de janvier 2009 la mort de 432’000 personnes, principalement dans le Sud du monde, a indiqué à l’Agence Misna Maurizio Simoncelli, professeur de Géopolitique à l’Université de Rome et membre du conseil exécutif des Archives sur le désarmement.
Il observant ainsi qu’un cinquième du total des armes de petit calibre en circulation dans le monde se trouve en Afrique.
«Lesdites armes légères sont la véritable arme de destruction massive en Afrique, comme le prouvent les conflits qui y sévissent encore, comme celui de l’Est de la République Démocratique du Congo», précise l’interlocuteur de Misna, qui cite les chiffres de l’Iansa (International action network on small arms).
«Près de 80% des armes légères trouvent leur origine dans le commerce légal – ajoute M Simoncelli – mais une grande partie d’entre elles accèdent ensuite à des réseaux illégaux et réapparaissent, par exemple, dans l’Est du Congo, ou dans des pays d’Afrique de l’Ouest, qui, à eux seuls, importent 29% de toutes les munitions vendues sur le continent».
Certes, ajoute Maurizio Simoncelli, les conflits de nature tribale, comme ceux qui se sont dernièrement produits au Nigeria, existaient déjà en Afrique par le passé ; néanmoins, en l’état actuel, les combattants ayant facilement accès aux armes, qui peuvent provenir d’anciennes guerres internes ou de vols, le bilan des victimes grimpe vertigineusement.
«Les civils sont les premières victimes de cette situation, poursuit Simoncelli, et notamment les franges les plus vulnérables de la population, c’est-à-dire les femmes et les enfants».
Sur le banc des accusés figurent les politiques inefficaces des gouvernements, inaptes à contrôler leur territoire et à trouver une solution en dépit de l’existence de commissions préposées à cette tâche. Mais les grandes industries du Nord du monde qui produisent et vendent ces armes sont elles aussi responsables. «Près de 90% des munitions et des armes utilisées en Afrique, conclut Maurizio Simoncelli, proviennent de pays non africains».
Au total, 1134 sociétés fabriquent des armes de petit calibre et, le plus souvent, les vendent à travers les réseaux légaux. Une fois vendues, ces armes peuvent aisément finir entre les mains de groupes armés et alimenter un cercle de violence infini. (apic/misna/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/incompetence-des-pouvoirs-et-marche-juteux-pour-les-fabricants-de-mort/