Fribourg : Ouverture du 24e Festival international de films de Fribourg

Le professionnalisme du FIFF salué par Jean-Frédéric Jauslin, directeur de l’OFC

Fribourg, 14 mars 2010 (Apic) La 24e édition du Festival International de films de Fribourg (FIFF) a été officiellement ouverte avec succès samedi soir avec la projection du film colombien «Los Viajes del Viento» du réalisateur Ciro Guerra. Ce très beau «road-movie à dos d’âne» à travers les superbes paysages colombiens, s’apparente à un conte initiatique. Lors de la cérémonie d’ouverture, le professionnalisme et la qualité du FIFF ont été salués par Jean-Frédéric Jauslin, directeur de l’Office fédéral de la culture (OFC).

Ce dernier a rappelé qu’il y a une trentaine de festivals de cinéma en Suisse, ce qui signifie «une rude concurrence» en matière de financement. Mais Jean-Frédéric Jauslin a relevé que le FIFF, dont la qualité et la diversité de la programmation est remarquable, ne devait pas trop craindre alors que l’OFC procède actuellement aux évaluations pour l’attribution des subventions fédérales. «Le FIFF bouge, il bouge beaucoup… C’est un festival qui nous tient à cœur ! »

Des politiciens passionnés de cinéma

En plaisantant, il s’est dit très agréablement surpris du public venu si nombreux alors qu’il pensait que tous les Fribourgeois s’étaient rendus à Genève pour soutenir le HC Gottéron… Evoquant ce «moment de tristesse» qu’est la mort du grand chanteur français Jean Ferrat, il s’est toutefois dit heureux d’être à Fribourg pour transmettre les vœux du Conseil fédéral, en rappelant que son «patron», le conseiller fédéral Didier Burkhalter, chef du Département fédéral de l’intérieur, est un passionné de cinéma.

Sur la même longueur d’onde, Beat Vonlanthen, président du Conseil d’Etat du canton de Fribourg, a décliné en français, en allemand et en anglais son amour du cinéma. Tout en soulignant l’attachement des Fribourgeois à leurs traditions, il a relevé que cela n’était pas synonyme de repli sur soi.

Un autre visage de la Colombie

En effet, pour Fribourg, «canton-pont» entre deux régions linguistiques de la Suisse, situé au «cœur presque parfait de l’Europe», le FIFF est une belle occasion de s’ouvrir aux autres, de «secouer nos certitudes». Le conseiller d’Etat a rappelé que, jeune cinéphile, il a été fasciné, ému, voire bouleversé par «cette grande dame ici présente», en parlant de l’actrice allemande Hanna Schygulla, qui préside les travaux du jury international du FIFF.

Présent dans la salle avant la projection de son film, le réalisateur colombien Ciro Guerra a relevé qu’il avait mis quatre ans et demi pour achever son film réalisé en coproduction, et qu’il a pu compter sur l’appui d’organismes internationaux. Il a dit avoir voulu faire un film «sur des choses qui nous unissent», car à ses yeux, il a déjà eu assez de films sur ce qui sépare les Colombiens, empêtrés dans la guerre civile et la violence depuis des décennies.

Un directeur artistique à la main heureuse

Notons que le directeur artistique du FIFF, Edouard Waintrop a eu la main particulièrement heureuse en sélectionnant les films montrés à Fribourg: en séance de clôture, le public pourra voir «El secreto de sus Ojos», du réalisateur argentin Juan José Campanella, qui vient de se voir attribuer l’Oscar du meilleur film étranger à Hollywood. Le Grand prix du Festival international de films de Fribourg (FIFF), intitulé «Le Regard d’or», doté de 30’000 francs, sera attribué samedi, jour de clôture du Festival de Fribourg. JB

Encadré

Lors de la cérémonie d’ouverture, Edouard Waintrop, directeur artistique du FIFF, a rendu un hommage ému au réalisateur français Séverin Blanchet, mort le 26 février à Kaboul, «victime d’un attentat perpétré par les talibans». Il était venu à Fribourg en 2008 et avait présenté le travail des apprentis cinéastes qu’il orientait dans le cadre d’une formation au documentaire dispensée à des étudiants afghans. Il avait contribué, avec l’ethnologue et cinéaste Jean Rouch, auquel le FIFF consacre cette année un panorama, à la création des ateliers Varan, qui organise des stages de formation au cinéma documentaire, tant en France qu’à l’étranger, et notamment dans les pays les plus démunis. Depuis 2006, Séverin Blanchet se rendait régulièrement en Afghanistan, où il avait réalisé, en 2008, avec ses jeunes élèves, une série de films intitulée «Enfants de Kaboul», qui fut notamment montrée dans le cadre du Festival de Cannes, en 2009. La nouvelle de sa mort a secoué les organisateurs du FIFF. (apic/be)

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