Nigeria : Violences récurrentes d’ordre ethnique ou religieux

L’ONU demande au gouvernement de s’attaquer aux racines du mal

Lagos, 16 mars 2010 (Apic) Le Comité des Nations-Unies pour l’élimination de la discrimination raciale a appelé les dirigeants du Nigeria à s’attaquer aux causes profondes de l’explosion de violences meurtrières ethniques et religieuses à Jos, au nord du pays. Entre novembre 2009 et la mi-mars 2010, plus de mille personnes ont été tuées dans des affrontements d’ordre religieux ou ethnique.

Dans une déclaration publiée sur le site internet du service de l’ONU, le président du Comité, Anwar Kemal, a estimé que «la haine ethnique et religieuse ne doivent pas être autorisées à fomenter au Nigeria». Il a invité le gouvernement nigérian à «prendre toutes les mesures appropriées pour faire cesser immédiatement la violence ethnique ou religieuse, protéger les victimes, éviter, à l’avenir, de tels actes de violences meurtrières».

Le comité, qui regroupe des experts de l’ONU, a exhorté le gouvernement du Nigeria à enquêter sur les massacres de Jos, et à traduire en justice leurs responsables, à accorder aussi une indemnisation aux victimes dont des enfants, des femmes et des personnes âgées, ainsi que leurs familles.

Le Comité a également appelé les autorités à «s’attaquer aux causes fondamentales des tensions qui provoquent ces violences répétées», et à promouvoir le dialogue entre les différentes communautés ethniques et religieuses, afin de parvenir à la tolérance et la paix. Le groupe d’experts a rappelé au Nigeria, qu’il avait ratifié la Convention internationale sur l’élimination de toute forme de discrimination raciale et religieuse. De ce fait, il est obligé de «prévenir et de protéger les personnes contre les actes de haine, d’incitation à la violence raciale et ethnique ou toute forme de violence fondée sur l’ethnicité ou la religion».

Selon les estimations des organisations internationales, plus de 13’500 personnes ont été tuées au Nigeria au cours ces dix dernières années, dans des violences récurrentes liées à l’ethnie ou à la religion.

La semaine dernière, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et le Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, s’étaient déclarés préoccupés par les tensions ethniques et religieuses répétées au Nigeria. (apic/ibc/bb)

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