L’abbé Frank Bwalya, bête noire du régime, est accusé d’incitation à la haine
Lusaka, 16 mars 2010 (Apic) Le Père Frank Bwalya, ancien directeur de la Radio Icengelo, a été mis en prison vendredi 12 mars et finalement libéré sous caution lundi. Cette station de radio appartenant à l’Eglise catholique de Zambie est connue pour ses critiques envers le pouvoir en place à Lusaka. Bête noire du régime, le Père Bwalya est accusé d’incitation à la haine et d’avoir prôné la violence dans le pays. Huit organisations de la société civile du pays ont réclamé sa libération «immédiate et inconditionnelle», rapporte le quotidien zambien «Times of Zambia».
Selon le «Times of Zambia» de ce mardi, 24 personnes ont été arrêtées par la police dans la ville de Kitwe après que cette dernière soit intervenue avec des gaz lacrymogènes pour disperser des supporters du Père Bwalya, convoqué devant un tribunal pour atteinte à la paix publique. Le religieux a été libéré sous caution lundi.
Le Père Frank Bwalya avait été évincé de la direction de la station en avril 2009, sur forte pression du gouvernement qui réclamait sa tête. A plusieurs occasions, il critiquait sur les ondes de la radio catholique la politique menée par le président Rupiah Banda. Les autorités zambiennes reprochent au religieux d’avoir «incité à la haine» et d’avoir «prôné la violence dans le pays au lieu de prêcher la paix et l’unité».
«Je ne déteste pas le Père Bwalya, mais je déteste son comportement. Il m’a déçu», a déclaré le président zambien Rupiah Banda, tout en se demandant comment un chrétien pouvait appeler les populations à s’entretuer et prôner la violence? Selon lui, un chrétien ne doit pas «appeler à la mort, mais doit promouvoir la paix».
Le chef de l’Etat qui s’exprimait, dimanche, à la fin d’un office de l’Eglise évangélique de la Bible en Afrique (BIGOCA), a ajouté qu’il ne permettrait pas que la haine fasse partie de sa manière de diriger le pays, car en tant que dirigeant, il avait le devoir de s’assurer que chaque Zambien était protégé. Le président zambien a invité les politiciens du pays à comprendre qu’ils étaient des enfants d’un seul Dieu et que l’Eglise ne cautionne ni ne tolère la haine. Il a ajouté qu’il était heureux d’être «un chef de file qui suit les règles de la Bible». Il a encore exhorté son administration afin qu’elle collabore avec l’Eglise pour améliorer les conditions de vie de la population. (apic/ibc/be)
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