Chicago: L’archidiocèse commence le procès en canonisation du 1er prêtre noir américain

Descendant d’une famille d’esclaves des plantations du Sud

Chicago, 17 mars 2010 (Apic) L’archidiocèse de Chicago commence le procès en canonisation du 1er prêtre catholique noir américain, descendant d’une famille d’esclaves noirs des plantations du Sud. Le Père John Augustine Tolton, né le 1er avril 1854 à Brush Creek, dans le comté de Ralls, au Missouri, pourrait bien être un jour un saint de la ville d’adoption d’un certain… Barack Obama.

L’archidiocèse de Chicago – qui englobe la troisième plus grande ville des Etats-Unis et la plus grande ville de la région du Middle West – va entreprendre cette démarche durant l’année «sacerdotale», qui s’achèvera le 19 juin 2010, et qui a été lancée par le pape Benoît XVI à l’occasion du jubilé des 150 ans de la mort du saint curé d’Ars, Jean-Marie Vianney.

Le cardinal archevêque de Chicago Francis E. George a estimé «approprié que durant cette ’Année du Prêtre’, nous faisions mémoire de nos aïeux qui étaient des saints hommes dans le sacerdoce». Dans le journal de l’archidiocèse de Chicago, le «Catholic New World», le président de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis (USCCB) relève qu’avoir le Père Tolton comme saint sera une bénédiction pour toute l’Eglise catholique, mais en particulier pour les catholiques de Chicago. «Avant tout, les saints intercèdent», souligne-t-il, en rappelant que l’engagement de prêtre du Père John Augustine Tolton est «un grand exemple pour les séminaristes et les prêtres et devrait inspirer les laïcs.»

Le racisme était aussi présent au sein de l’Eglise

John Augustine Tolton est le fils d’un esclave – inscrit comme «propriété de Stephen Eliot» – qui avait fui les Etats américains esclavagistes. Durant la guerre civile, son père Peter Tolton rejoint l’armée de l’Union en 1862, mais il y décède de dysenterie. Peu de temps après, quand Augustine a neuf ans, sa mère parvient également à s’échapper avec ses trois enfants en traversant la rivière Mississippi. Elle atteint la ville de Quincy, en Illinois, qui était à l’époque un sanctuaire pour les esclaves cherchant la liberté.

Quand naît sa vocation sacerdotale, encouragée par des prêtres locaux, John Augustine Tolton va se heurter au racisme en vigueur aux Etats-Unis, qui existe également au sein de l’Eglise catholique américaine. Avec l’aide du curé de la paroisse St-Pierre de Quincy, le Père Peter McGirr, il écrit à tous les séminaires aux Etats-Unis mais ne reçoit que des réponses négatives, également de la part de congrégations religieuses comme les Franciscains ou les Joséphites.

Après plusieurs années, les prêtres qui offraient une formation à Augustine Tolton font appel au Collège de Propaganda Fide à Rome, un collège pontifical qui formait les prêtres et les ordonnait pour le service missionnaire à travers le monde. Ils pensaient qu’Augustine pourrait devenir missionnaire pour un pays d’Afrique. C’est en février 1880 qu’il part pour Rome, et après six ans d’études, il est ordonné prêtre par le cardinal Parochi le 24 avril 1886, à l’âge de 32 ans, à la Basilique St-Jean-de-Latran. Les responsables du Collège pensent alors qu’il serait mieux qu’il rentre comme missionnaire dans son propre pays. Ils pensaient qu’il était temps que les Etats-Unis aient leur premier prêtre noir. (apic/cns/com/be)

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