Zurich: Journée de rencontre des étudiants des facultés de théologie

Aborder l’éthique dans un esprit oecuménique

Zurich, 19 mars 2010 (Apic) Une trentaine d’étudiants – germanophones et francophones – des instituts et facultés de théologie de toute la Suisse se sont rencontrés mercredi 17 mars à la Faculté de théologie de Zurich pour une journée œcuménique. Ils ont discuté et échangé sur les questions éthiques actuelles.

Organisée deux fois par an pour les étudiants et par les étudiants eux-mêmes dans une des instituts ou facultés de théologie de Suisse, cette journée œcuménique vise à établir des contacts permanent entre étudiants de théologie, indépendamment des sensibilités confessionnelles de leurs universités. Elle leur permet d’aborder le plus rigoureusement possible les questions-clés de la théologie, dans tous ses domaines: pastorale, dogmatique, morale et éthique.

Cette journée œcuménique inter-facultaire s’organise toujours sur un thème d’actualité. Celui de ce printemps a été ›’éthique et espoir’’.

Après une séance de cours d’éthique, les participants se sont regroupés en équipes pour discuter et échanger sur des cas concrets de morale et éthique, dont la récente votation sur les avocats des animaux. Ils ont analysé un article intitulé ›’Tierfreunde befreien Hühner aus Güggelifarm’’ (Des amis des animaux libèrent des poulets d’une ferme) paru récemment dans 20 Minutes, dans lequel des membres du groupe ›’Friends of chicken’’, en Argovie, ont fait s’échapper 20’000 poulets pour éviter qu’ils ne soient abattus.

Cet exercice consistait à trouver des arguments pertinents pour justifier théologiquement ou philosophiquement pourquoi manger ou non de la viande. A cette exercice de réflexion, les points de vue ont divergé. Les uns ont trouvé que le groupe ›’friends of chicken’’ défendait implicitement le végétalisme alimentaire sur base d’une interprétation littérale de la bible, en référence, par exemple, avec la Genèse où Dieu semble n’avoir autorisé de manger que des fruits. D’autres ont affirmé que ni dans la bible ni ailleurs, si ce n’est seulement dans le culturel, on ne peut trouver d’arguments assez convaincants qui interdisent ou autorisent de manger de la viande.

›’Il y a des peuples comme les Indiens ou autres qui considèrent la vache comme un animal très sacré et ne peuvent manger sa viande pour cette raison. Et il y a d’autres, comme les Européens, qui trouvent que la vache n’a rien à voir avec le sacré, raison pour laquelle ils mangent aisément sa viande. Tout cela relève du culturel qui ne peut pas être objectivement justifié du point de vue moral’’, relève Antoine, de la Faculté de Lucerne, qui réfute l’argument d’un collègue d’Einsiedeln, selon lequel si Dieu, dans sa bonté, aime infiniment ses créatures, dont les animaux, l’homme ne peut que faire comme lui en respectant leur vie.

Les points de vue divergent en bioéthique

Outre cet exercice de réflexion de morale alimentaire, les participants ont aussi abordé la problématique de la bioéthique qui se pose tant du point de vue philosophique que du point de vue théologique. Ils trouvent que les points de vue divergent en matière bioéthique selon les sensibilités confessionnelles et déplorent un manque d’entente sur une éthique théologique sociale qui, surtout dans la pastorale d’accompagnement des malades, devrait dicter une meilleure prise en charge du malade et le respect de la vie humaine.

Pour Lukas Schoenenberger, étudiant à l’Université de Fribourg, cette journée de rencontre entre étudiants venant de tous les horizons des instituts et facultés de théologie de Suisse est un pas vers une ouverture à l’autre et un enrichissement de la vie chrétienne. ›’Pouvoir discuter sans se déchirer alors que nous venons des divers horizons avec nos différentes sensibilités théologiques, est un signe pour moi voire un pas dans l’œcuménisme plus concret et vivant. On s’édifie donc intellectuellement, spirituellement et on affermit notre foi chrétienne», déclare-t-il. (apic/ts/bb)

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