Il souhaite une session extraordinaire de la CES
Zurich, 21 mars 2010 (Apic) Alors qu’on découvre de nouveaux cas d’abus sexuels au sein de l’Eglise catholique, Mgr Martin Werlen, abbé d’Einsiedeln, a demandé qu’un registre central des gens d’Eglise contre lesquelles une plainte a été déposée soit mis en place à Rome. Dans une interview dimanche parue dans le «Sonntagsblick», Mgr Martin Werlen déclare vouloir faire cette proposition à la Conférence des évêques suisses (CES).
L’abbé d’Einsiedeln – qui a annoncé vendredi 19 mars qu’il y avait eu des agressions sexuelles contre des élèves dans les années 70 dans l’école de l’Abbaye – a également souhaité une assemblée extraordinaire de la CES, car pour lui, il ne faut pas attendre jusqu’à la prochaine séance ordinaire de la CES du mois de juin pour traiter ce sujet.
Quant au registre central, il permettrait aux évêques d’obtenir des informations quand il y a des transferts de personnes d’un diocèse à l’autre où que ce soit dans le monde. Samedi 20 mars 2010, le porte-parole de la CES Walter Müller avait estimé, après la publication de la «Lettre pastorale de Benoît XVI aux catholiques d’Irlande» sur les affaires de pédophilie, que la Conférence des évêques ne juge pas pour le moment nécessaire d’agir, la lettre du pape confirmant les directives mises en place par l’Eglise en Suisse en 2002 pour les cas d’abus sexuels.
Bien que la lettre du pape s’adresse aux catholiques d’Irlande, a-t-il poursuivi, elle encourage et confirme également l’Eglise en Suisse qu’il faut continuer sur la voie déjà empruntée. Il ne faut cependant pas attendre dans l’immédiat une prise de position des évêques suisses, qui doivent d’abord étudier la lettre du pape. Des cas d’abus sexuels apparaissent également en Suisse.
La semaine dernière, un administrateur paroissial du diocèse de Coire a donné sa démission après des révélations sur des abus commis sur des enfants mineurs dans les années 1970 en Allemagne et en Autriche. Selon un communiqué de l’évêché, le prêtre en question a été dénoncé lundi dernier par une de ses victimes auprès de l’évêché de Coire, qui a convoqué le prêtre. Celui-ci a avoué et a démissionné immédiatement de ses fonctions d’administrateur paroissial dans le canton de Schwyz. Sur recommandation de l’évêque de Coire Mgr Vitus Huonder, le prêtre s’est ensuite dénoncé auprès de la police de Bregenz, dans le Vorarlberg autrichien où une enquête est ouverte.
Interrogé par «Le Matin Dimanche», Mgr Norbert Brunner, président de la CES, déclare, à propos de la lettre de Benoît XVI aux catholiques d’Irlande que même si cette lettre s’adresse en premier lieu à l’Eglise d’Irlande, «elle nous encourage à poursuivre nos efforts pour prendre en charge les cas d’abus sexuels connus. Ceci selon le droit canon et dans la coopération avec les autorités civiles. Ces efforts doivent aboutir à ce que de tels abus ne se reproduisent jamais».
Le président de la CES affirme que « la manière inquisitrice dont les médias traitent ces affaires douloureuses» le gêne, parlant d’une certaine «forme d’acharnement contre l’Eglise». Mgr Brunner estime que dans le passé, on affrontait les problèmes d’abus sexuels d’une autre manière qu’aujourd’hui. «On ne peut pas juger le passé selon les critères actuels», déclare-t-il au quotidien romand. Mgr Brunner relève également, en faisant référence à une statistique française, que seul un très faible pourcentage des abus pédophiles sont commis par des prêtres et que par conséquent «voir un lien nécessaire entre célibat obligatoire et abus sexuels met sous ›soupçon général’ tous les prêtres, ce qui est injuste.» (apic/nzz/bl/lmd/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/il-souhaite-une-session-extraordinaire-de-la-ces/