Même déception aux Etats-Unis
Dublin, 21 mars 2010 (Apic) Le pape est «loin» d’avoir répondu aux attentes des victimes dans sa lettre adressée aux catholiques irlandais, et laisse des questions sans réponses, ont réagi des groupes de victimes. Avec ce message, le pape est «loin» de répondre à toutes les préoccupations des victimes, a déclaré la directrice générale du groupe One in Four, Maeve Lewis, citée par l’Agence France presse. «Les victimes espéraient une reconnaissance de la manière outrageante dont elles ont été traitées», a-t-elle déclaré. Mais «l’absence d’excuses à cet égard est douloureux à l’extrême». Le pape a manqué une occasion de s’expliquer sur la «politique délibérée de l’Eglise catholique au plus haut niveau pour protéger les délinquants sexuels», a-t-elle accusé, déplorant qu’il «néglige le rôle du Vatican» et «refuse encore d’admettre l’évidence». John Kelly, représentant le groupe SOCA, a jugé dans un entretien à l’AFP que cette lettre relevait «des aspirations plutôt que de la substance», même s’il a dit apprécier que le pape ait «finalement reconnu qu’il y avait eu des sévices et que ces crimes avaient été étouffés». Même mécontentement du côté des Etats-Unis. L’organisation américaine de défense des victimes de prêtres pédophiles (SNAP) a fustigé samedi la lettre de Benoît XVI. L’association SNAP, basée aux Etats-Unis et forte de 9’000 membres, a estimé samedi dans un communiqué cité par l’AFP que la lettre papale n’annonçait pas d’actions décisives à venir pour sanctionner les responsables, dédommager les victimes et prévenir ce type de dérive. «Le pape envoie des mots quand on attend de lui qu’il agisse. Le pape laisse planer des risques alors qu’on a besoin de prévention. Le pape sanctionne le secret quand c’est la vérité entière dont on a besoin. Et le pape ignore la souffrance et l’agonie alors qu’une vraie guérison — et pas seulement des mots — est nécessaire», écrit SNAP. (apic/ag/pr)
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