Fribourg : Conférence du Père Cantalamessa, prédicateur de la Maison Pontificale

« Pour moi, vivre, c’est le Christ »

Fribourg, 21 mars 2010 (Apic) Le Père Raniero Cantalamessa, prédicateur du pape, était de passage à Fribourg à l’église des Cordeliers, le 20 mars 2010. Dans une église bondée, le Capucin s’exprimait dans le cadre de la 4ème Journée eucharistique. Il a abordé les différentes parties de la messe, montrant que la liturgie de la parole est nécessaire à la partie eucharistique et que cette dernière implique non seulement le prêtre, mais aussi et surtout les fidèles, dans l’union au Christ.

Après un temps de louange animé par les mouvements Eucharistein et le Verbe de Vie, Charles-Henri de Rotten, responsable de l’Adoration Perpétuelle à Fribourg, a souhaité la bienvenue au prédicateur et l’a rapidement présenté, rappelant que celui-ci avait passé 3 ans à Fribourg, de 1929 à 1961, où il a obtenu sa thèse de doctorat en théologie.

Le Père capucin Raniero Cantalamessa, né le 22 juillet 1934 à Ascoli Piceno, dans les Marches en Italie, est docteur en théologie et en lettres. Il a été professeur d’histoire des origines chrétiennes et directeur du département des sciences religieuses à l’Université catholique du Sacré-Cœur de Milan. De 1975 à 1981, il est membre de la Commission théologique internationale.

En 1980, il quitte l’enseignement pour se dédier à la prédication de la Parole de Dieu. Le pape Jean Paul II le nomme cette année-là prédicateur de la Maison Pontificale, où il prêche chaque semaine en Avent et en Carême, en présence du pape et des cardinaux, évêques et prélats de la Curie romaine et des supérieurs généraux des ordres religieux. Depuis 1980, ce ne sont pas moins de 246 prédications qu’il a données.

Auteur de nombreux livres traduits dans une quinzaine de langues, le Père Cantalamessa anime chaque samedi soir un programme à la télévision italienne RAI Uno, sur l’évangile du dimanche.

Une approche dynamique de la messe

Avec un charisme bien marqué, le Père Cantalamessa a cherché à présenter les trois phases de la messe – la liturgie de la parole, la liturgie eucharistique et la communion à proprement parler – comme constituant une unité harmonique où le Christ est le centre. Il a insisté sur le fait que la partie liturgique est nécessaire à la messe pour expliquer ce qui va suivre. Les Ecritures sont alors ce qui prépare les fidèles à reconnaître celui qui sera présent dans l’eucharistie. Mais en plus, au cours de la messe la parole fait que le passé devienne actuel : elle devient Personne, parole vivante.

La partie la plus forte de son enseignement est celle relative à la liturgie eucharistique. Il en propose une lecture qui refuse la routine du geste de la consécration. Pour lui, à chaque messe, le prêtre et la foule sont à la fois prêtres et victimes. La Christ a changé le sens du sacrifice : les chrétiens doivent s’offrir en même temps que le prêtre et que le Christ, c’est-à-dire s’offrir en sacrifice vivant et faire de leur vie un don pour les autres.

Le Père Cantalamessa montre, à l’aide d’une image, que le fils aîné qui veut faire un cadeau à son père pour son anniversaire et qui va acheter le cadeau et le faire signer par ses frères et sœurs, est le seul à en payer le prix. A la messe, le Christ est seul à payer le prix du cadeau au Père, mais tous les fidèles le signent aussi.

Changer la vision eucharistique

Dans la consécration, les paroles du Christ peuvent étonner « ceci est mon Corps », « ceci est mon Sang ». Mais il s’agit de comprendre correctement ce que sont le « corps » et le « sang » dans la Bible. Si, dans une vision laïcisée, le corps est une partie de l’homme, dans les Ecritures, le corps c’est tout l’homme. « Donner son corps », c’est donc se donner tout entier aux autres et à Dieu, comme le Christ l’a fait. Le sang, par contre, signifie la mort en contexte biblique. « Donner son sang », c’est alors offrir sa propre mort et les différentes mortifications par lesquelles tout homme passe.

Pour le prédicateur de la Maison Pontificale, ce don de l’eucharistie passe dans les événements de la vie quotidienne. Il cite les Sœurs qui réalisent l’eucharistie dans les multiples activités qui sont les leurs, ou l’exemple de la mère de famille vouée à d’innombrables tâches. Il fait une mention particulière des travailleurs manuels qui, par leur difficile travail, réalisent l’eucharistie.

Une petite remarque vise la nécessité d’expliquer l’eucharistie aux jeunes, surtout dans un monde où le corps est devenu une marchandise et où les seuls critères sont d’ordre esthétique. Il faut, dit le Père Capucin, aider les jeunes à résister à cette pression de la culture actuelle. (apic/js)

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