Mais sous la pression des bailleurs de fonds
Lilongwe, 21 mars 2010 (Apic) Les Eglises du Malawi ont commencé à parler ouvertement de l’homosexualité. Des membres du clergé affirment y avoir été contraints en raison des pressions des bailleurs de fonds du pays, qui réprouvent les abus des droits de la personne, notamment les arrestations d’homosexuels qui ont lieu dans ce pays d’Afrique australe.
Le Conseil des Eglises du Malawi (MCC) en débattent. « Nous, l’Eglise, devons nous unir et arrêter une position sur la question de l’homosexualité », a déclaré Joseph Bvumbwe, président du MCC.
L’homosexualité est un crime au Malawi, passible d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à 14 ans. Actuellement, deux hommes ouvertement homosexuels, Steven Monjeza, 26 ans, et Tiwonge Chimbalanga, 20 ans, ont été mis en prison après s’être publiquement fiancés fin décembre.
Le 22 février, le président de la Cour suprême du Malawi a rejeté l’appel interjeté par les deux personnes en question, actuellement en détention provisoire dans une prison de haute sécurité de Blantyre, dans l’attente du verdict qui doit être rendu le 22 mars. Selon leurs avocats, il est probable que les deux hommes soient envoyés en prison.
Les organisations internationales qui soutiennent financièrement le Malawi ont mis en garde le pays contre les conséquences négatives que pourraient avoir les violations répétées des droits de la personne, en particulier des droits des homosexuels, sur la capacité du pays à obtenir de l’aide de l’étranger.
« Quand on parle de droits de la personne, il ne s’agit pas seulement de la majorité, mais aussi des groupes minoritaires, comme la question récurrente des homosexuels, sur laquelle il faut se pencher sérieusement », a déclaré le 16 mars Frank Kufakwandi, président de la Common Approach to Budget Support (CABS), un groupement des principaux pays et instances internationales soutenant financièrement le Malawi.
Au Malawi, dont 40% du budget provient de l’aide étrangère, des rapports indiquent que certains pays faisant partie de la CABS, comme le Royaume-Uni et la Norvège, ont lancé un avertissement aux autorités du pays concernant leur position vis-à-vis de l’homosexualité. La CABS est constituée de la Banque africaine de développement, de la Norvège, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la Banque mondiale, du FMI et de la Commission européenne. (apic/eni/pr)
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