Eviter la confusion entre religion, racisme et xénophobie
Rabat, 23 mars 2010 (Apic) Une rencontre internationale des jeunes sur l’interdiction de minarets en Suisse et ses conséquences sur le dialogue et sur la coexistence entre les jeunes du monde, tenue à Rabat, au Maroc, le week-end dernier, a appelé à éviter «la confusion entre les questions relevant du domaine religieux et le racisme et la xénophobie». Les assises avaient pour objectifs «d’encourager le débat au niveau des jeunes, de renforcer le dialogue et de diffuser les valeurs de tolérance et d’ouverture sur l’autre».
Selon les participants, le vote du 26 novembre 2009 contre les minarets en Suisse «intervient à un moment où des efforts considérables sont déployés de la part des pays et des peuples du monde, afin de renforcer les fondements de la paix et de la sécurité entre les nations». La décision suisse d’interdire la construction de minarets est «contraire au droit international». Elle constitue aussi «une offense aux sentiments des musulmans de par le monde».
Organisée par deux structures arabes, la Fédération internationale des Chourafa Adarissa (FICA) et l’Organisation mondiale des venus au monde du fateh 69 (OMVMF69), la conférence a enregistré la participation des jeunes des milieux religieux, politique, économique, des droits humains et de la presse des cinq continents, a précisé l’agence de presse marocaine, Maghreb arabe presse (MAP).
Pour le secrétaire général de l’OMVMF69, Ali Abdeslam Abdessamad, «certaines idées véhiculées en Occident, attribuent à tort les causes du terrorisme à l’Islam et entretiennent l’amalgame entre les notions du terrorisme, du jihad et de la lutte armée légitime».
De son côté, le secrétaire général de la FICA, Abdellah Hafidi Idrissi, a déclaré que la rencontre constitue une occasion pour «aborder les implications multiples de la décision suisse, relative à l’interdiction de la construction des minarets, pour le dialogue et la coexistence, ainsi que pour la coopération entre les jeunes du monde».
Au Mali, le quotidien «22 Septembre» a rapporté que l’interdiction de minarets en Suisse a fait l’objet d’une conférence, le 14 mars dernier, à l’initiative conjointe de l’Association d’entraide pour le développement intellectuel de la femme malienne (ADEFIM), et du forum des Organisations non gouvernementales (ONG) arabo-africaines. Le thème était : «Droits de l’homme et liberté de culte».
Mohamed Sidati, président du forum des ONG arabo-africaines, a déclaré à cette occasion, que son organisation condamnait le vote suisse, qu’elle considère comme «une mesure visant à humilier et à stigmatiser la communauté musulmane du pays». «Toute tentative rétrograde et injustifiable de discrimination envers un peuple ou un groupe d’individus, quel qu’il soit, est condamnable», a-t-il souligné, tout en réaffirmant son «attachement indéfectible au respect des droits de l’homme, en tous lieux et en toutes circonstances».
La présidente de l’ADEFIM, Diawara Fatim Diawara, a aussi condamné «cette attitude négative et injuste» des Suisses, qui, a-t-elle dit, «porte atteinte aux droits des musulmans et aux droits de l’homme en général». «Ce n’est pas une affaire de musulmans, mais un combat pour le respect des droits humains», a-t-elle ajouté. Elle a invité «tous les peuples épris de paix et de justice à s’unir pour obliger la Suisse, par tous les moyens légaux, à revenir sur cette mesure inique et infamante prise à l’encontre des musulmans suisses, dont le seul crime est de vouloir user de leur liberté de culte, comme tous les autres citoyens helvétiques».
Moussa Kaba Diakité, le conférencier, a rappelé qu’une mosquée ne peut être construite sans minaret, car c’est le lieu où se tient le muezzin pour appeler les fidèles à la prière. En Suisse, les mosquées ressemblent beaucoup à de simples maisons et l’installation de micros y est interdite. C’est donc seulement, à son avis, le minaret qui permet aux musulmans de reconnaître les mosquées. (apic/ibc/js)
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