Mais émet toujours des réserves sur la question de l’avortement
Washington, 24 mars 2010 (Apic) Le cardinal Francis George, président de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis (USCCB), a salué mardi 23 mars la réforme de la santé adoptée dimanche soir lors d’un vote de la Chambre des représentants à Washington. Il a cependant émis des réserves sur la question de l’avortement.
Relevant le fait que la nouvelle loi étendait l’assurance maladie à davantage d’Américains, il a souligné que les évêques américains avaient depuis longtemps parlé «au nom des plus pauvres et des gens sans défense». De nombreux éléments de la réforme de la santé font droit à ces demandes, reconnaît-il, tout en déclarant que les évêques américains et la communauté catholique seraient attentifs à ce que la nouvelle législation ne permette pas le financement fédéral de l’avortement.
L’USCCB s’opposait à la nouvelle législation parce que les députés n’avaient pas réintroduit dans la législation «l’amendement Hyde» qui restreint l’avortement. Cet amendement permet le financement fédéral de l’avortement uniquement dans les cas de viol, d’inceste ou de danger pour la mère et l’enfant. Malgré leurs efforts, les évêques n’ont pas été entendus.
La prise de position de la Conférence épiscopale publiée mardi a été approuvée à l’unanimité des 32 membres de la Commission administrative de l’USCCB. Le cardinal Francis George déplore à cette occasion que la nouvelle loi force tous ceux qui choisissent des modèles subsidiés au plan fédéral (et couvrant l’avortement) de payer, avec leur propre argent, «les avortements des autres».
Il a souligné l’engagement du président Obama quant à la nécessité d’établir un mécanisme adéquat pour assurer que les fonds fédéraux ne soient pas utilisés pour financer des avortements. Mais il se demande dans quelle mesure le décret présidentiel, «tout bien intentionné qu’il soit», peut remplacer la loi. Le président Obama et d’autres partisans de la réforme de la santé ont déclaré que la loi n’allait pas provoquer une extension de l’avortement.
Le cardinal Francis George a dit craindre pour l’avenir, «même si nous applaudissons beaucoup le fait que la santé soit accessible à davantage de monde», a-t-il laissé entendre. L’archevêque de Chicago a déclaré à l’agence de presse catholique américaine CNS juste après la signature de la nouvelle loi par le président Barack Obama que l’Eglise continuerait de dialoguer en tant que «voix morale, mais jamais comme voix politique». Le président de la Conférence épiscopale a admis qu’à l’occasion du débat sur la réforme de la santé, «l’unité de l’Eglise a été blessée». Il a reconnu que «les évêques savent qu’ils ne parlent pas au nom de chacun des 61 millions de catholiques dans le pays, mais ce que nous faisons, c’est de parler pour la foi catholique elle-même».
Contrairement à la position de principe de l’USCCB opposée à la loi adoptée par la Chambre des représentants le 21 mars, de nombreuses congrégations religieuses et surtout l’Association catholique de la santé, la «Catholic Health Association» (CHA), active sur le terrain, ont accueilli avec joie la nouvelle loi. Elle devrait permettre de garantir une couverture à 32 millions d’Américains qui en sont dépourvus. L’objectif est de couvrir 95% des Américains de moins de 65 ans.
Soeur Carol Keehan, une soeur de la Charité qui préside l’Association catholique de la santé – une organisation catholique fondée en 1915 qui chapeaute un important réseau de santé sans but lucratif dans tout le pays et emploie plus de 750’000 personnes – a estimé que la réforme de la santé adoptée dimanche «représente un grand progrès dans le long effort pour que la santé soit accessible à tous aux Etats-Unis». Pour la présidente de la CHA, cette loi va apporter la sécurité et la santé à des millions de familles américaines. «La réforme de la santé va sauver des vies et améliorer la vie dans tout le pays», a-t-elle déclaré dans un communiqué. (apic/cns/be)
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