Belgique: Une enseignante suspendue pour port du foulard reprend ses cours

Pendant ce temps au Canada, une commission se prononce sur le voile islamique

Bruxelles, 25 mars 2010 (Apic) Une enseignante musulmane, professeur de mathématique dans une école de Charleroi, dans le sud de la Belgique, suspendue momentanément pour port du voile par la municipalité, a repris ses cours jeudi, après avoir gagné un recours en justice, rapporte la télévision Bel-RTL, citée par l’Agence France presse.

En début d’année scolaire, la direction de l’école, qui dépend de la ville de Charleroi, avait demandé à la jeune femme de retirer le voile, qu’elle portait en classe depuis deux ans et demi. L’enseignante avait refusé et porté l’affaire en justice. Dans un premier temps, le tribunal de Charleroi avait pourtant donné raison à la direction. Cette décision a cependant été cassée le 11 mars par la Cour d’appel de Mons.

Le débat sur le foulard voire la burqa a pris de l’ampleur en Belgique, comme en France et comme il en prend en Suisse et au Canada, entre autres.

Au Canada, justement, un arrêt rendu par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec (CDPDJ), stipule que les musulmanes portant le voile doivent se découvrir le visage pour faire une demande de carte-santé dans la province francophone, indique jeudi l’Agence œcuménique ENI.

En outre, les femmes musulmanes ne sauraient exiger d’être servies par des femmes dans les agences de la Régie de l’assurance maladie, a indiqué la CDPDJ dans une décision rendue à la mi-mars.

Ces récentes décisions reflètent les efforts faits au Canada pour tenter de trouver un équilibre entre droits des minorités et droits religieux d’une part, et égalité entre les sexes d’autre part. Elles ont suscité de virulents débats dans tout le pays.

La Régie de l’assurance maladie du Québec avait par le passé réussi à accéder à ce genre de demandes spéciales mais elle a demandé à la CDPDJ de rendre un avis sur la question.

En 2008 et 2009, seulement 10 personnes sur 146’000 faisant une demande de carte-santé ont sollicité une dérogation pour la photo, car elles portaient le niqab – voile couvrant le visage en ne laissant qu’une ouverture pour les yeux – ou la burqa – voile intégral dissimulant les yeux derrière un grillage.

La CDPDJ a indiqué dans sa décision que demander à une femme de se dévoiler pour confirmer son identité ne contrevient pas à sa liberté de religion. Elle a ajouté que la Régie de l’assurance maladie n’est pas dans l’obligation de présenter une employée de sexe féminin pour servir une femme portant le niqab ou la burqa.

Dans une décision connexe, la CDPDJ a débouté un client qui refusait d’être servi par une employée portant le hidjab, foulard traditionnellement porté par les musulmanes.

La Commission a souligné qu’il n’était pas illégal que des fonctionnaires portent des symboles religieux au travail et qu’on ne pouvait donc pas «conclure que la neutralité de l’institution publique est remise en cause puisque le service offert demeure neutre.»

Début mars enfin, une musulmane avait déposé une plainte relative aux droits de la personne après avoir été expulsée d’un collège québécois en 2009 pour avoir refusé d’enlever le voile recouvrant son visage.

La femme, d’origine égyptienne, était inscrite à un cours de français subventionné par le gouvernement pour les immigrants récemment arrivés à Montréal. L’école avait affirmé que le niqab interférait avec l’enseignement de la langue. Son dossier n’a pas encore été examiné par la CDPDJ. (apic/ag/eni/pr)

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