Elle entend rétablir la justice, affirme le Père Lombardi
Rome, 28 mars 2010 (Apic) Au terme d’une nouvelle semaine marquée par les révélations des médias sur des affaires de prêtres pédophiles impliquant Benoît XVI dans ses responsabilités passées, à Munich ou au Vatican, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a affirmé que l’Eglise était bien déterminée à reconnaître sa responsabilité en vue du «rétablissement de la justice».
Pour autant, dans une note diffusée sur Radio Vatican le 27 mars 2010, le Père Federico Lombardi a déploré les récentes attaques médiatiques» contre le pape, affirmant que son autorité en ressortait, au contraire, confirmée.
En premier lieu, le Père Federico Lombardi a relevé que le fait que la question des actes pédophiles de certains membres du clergé soit largement présente à travers les médias de nombreux pays n’était «pas une surprise». Il a ainsi reconnu que le sujet était de nature à attirer l’attention des médias et que la manière dont l’Eglise l’affronte était «cruciale pour sa crédibilité morale».
Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a ensuite noté que les affaires récemment publiées dans la presse avaient généralement eu lieu «il y a longtemps, des dizaines d’années en arrière.» Pour autant, a poursuivi le Père Lombardi sur Radio Vatican, «les reconnaître et s’en excuser auprès des victimes est le prix du rétablissement de la justice» et de «la purification de la mémoire» qui permet de regarder avec humilité et confiance vers l’avenir.
Dans son commentaire, le ›porte-parole’ du Vatican a jugé que les récentes attaques médiatiques visant le pape Benoît XVI avaient sans aucun doute provoqué des dégâts. Mais, a-t-il poursuivi, «il ne peut échapper à un observateur attentif que l’autorité du pape et l’engagement intense et cohérent de la Congrégation pour la doctrine de la foi contre les abus sexuels sur des mineurs n’en sortent pas affaiblis mais confirmés dans le soutien et l’orientation des épiscopats en vue de combattre et extirper ce fléau.»
Le Père Lombardi a aussi énuméré un certain nombre de points positifs parmi lesquels «les directives pour une gestion correcte et une prévention» des cas de pédophilie qui avaient été répétées, mises à jour et renouvelées en Allemagne, en Autriche, au Canada, etc… » Il a également évoqué la baisse de 30 % en un an, aux Etats-Unis, du nombre d’accusations à l’encontre de religieux ou prêtres pédophiles, notant qu’une majorité de ces affaires remontaient à avant 1980.
Dans son édition datée du 28 mars, «L’Osservatore Romano» a publié en première page un article déjà apparu en partie dans le quotidien britannique «The Times» et dans lequel le président de la Conférence épiscopale d’Angleterre et du Pays de Galles reconnaissait les graves erreurs commises dans l’Eglise par le passé. L’archevêque de Westminster, Mgr Vincent Nichols, y soutenait également le travail effectué par le cardinal Ratzinger lorsqu’il était à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, notant enfin qu’aucune organisation de son pays n’avait jusqu’alors fait autant que l’Eglise pour lutter contre la pédophilie.
Alors que la presse internationale multiplie les révélations sur des affaires de prêtres pédophiles mettant en cause la responsabilité de Benoît XVI par le passé, le Vatican a jugé nécessaire de publier, le 26 mars 2010, dans le quotidien du Vatican «L’Osservatore Romano», deux textes disciplinaires de 2001 consacrés, entre autres, au cas des prêtres pédophiles. Il s’agit des traductions, en italien, du «motu proprio» «Sacramentorum sanctitatis tutela» de Jean Paul II et de la lettre «De delictis gravioribus» que la Congrégation pour la doctrine de la foi, alors dirigée par le cardinal Joseph Ratzinger, avait diffusée quelques jours plus tard pour faciliter la compréhension du document pontifical.
C’est précisément cette lettre que certains observateurs ont mis en cause, soutenant que «De delictis gravioribus» encourageait les évêques à ne pas révéler les affaires de pédophilie constatées dans leur diocèse. «L’Osservatore Romano» a en outre publié le commentaire du directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi, qui avait réagi quelques heures auparavant à une nouvelle accusation du «New York Times» à l’encontre de Benoît XVI. Une déclaration de soutien au pape émanant de la Conférence épiscopale française était aussi présente dans les colonnes du quotidien du Vatican. (apic/imedia/ami/be)
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