L’OIM paie des parents pour lutter contre le phénomène
Accra, 28 mars 2010 (Apic) Nana Yaw, un enfant de huit ans traité pour une infection respiratoire sévère à l’Hôpital de Winneba, dans la région centrale du Ghana, a été vendu par sa mère pour 50 dollars, en 2008. Pendant près de deux ans, ses propriétaires l’ont forcé à plonger plusieurs heures par jour pour ramasser des filets de pêche dans le lac Volta, au sud-est du Ghana., rapporte Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Accra, 28 mars 2010 (Apic) Nana Yaw, un enfant de huit ans traité pour une infection respiratoire sévère à l’Hôpital de Winneba, dans la région centrale du Ghana, a été vendu par sa mère pour 50 dollars, en 2008. Pendant près de deux ans, ses propriétaires l’ont forcé à plonger plusieurs heures par jour pour ramasser des filets de pêche dans le lac Volta, au sud-est du Ghana., rapporte Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Par la suite, a rapporté l’agence de presse de l’ONU IRIN (Réseau régional d’information intégrée), l’enfant a contracté une infection respiratoire sévère. Ses propriétaires l’ont déposé à l’hôpital et sont partis. Son médecin, Dodi Abdallah, a déclaré à l’IRIN que l’enfant était presque inconscient quand il est entré à l’hôpital. Personne n’était là pour lui. «Nous avons eu de la chance que quelqu’un connaisse sa mère», lâche-t-il.
«Je mangeais une fois par jour et j’étais sévèrement battu à chaque fois que je me plaignais d’être malade», a déclaré l’enfant. La mère de Nana Yaw, Susan Aidoo, a reconnu avoir vendu son fils. «Son père était mort, et la famille m’accusait de l’avoir tué, donc ils refusaient de procéder aux rites funéraires. J’avais besoin d’argent, donc j’ai donné mon fils à un ami, qui m’a donné de l’argent pour les funérailles et pour que je puisse acheter des caramels et les revendre», a-t-elle dit en pleurant.
Selon l’OIM, chaque année au Ghana, des centaines d’enfants comme Nana Yaw sont vendus et livrés au travail forcé par des parents ayant désespérément besoin d’argent pour faire vivre leur famille. Quelque 28 % des 22 millions d’habitants du Ghana sont pauvres, d’après l’indicateur de pauvreté humaine 2010, dont les critères sont notamment : une vie en bonne santé au-delà de 40 ans, l’accès à l’éducation, aux soins de santé de base et à l’eau potable.
«Le phénomène du trafic d’enfants au Ghana est fondamentalement le résultat de niveaux de pauvreté extrêmes et inacceptables», a indiqué Daniel Kwaku Sam, coordinateur-terrain de la lutte contre le trafic à l’OIM, qui collabore avec le gouvernement pour lutter contre le trafic d’enfants au Ghana. Elle travaille, en liaison avec le Conseil national des petites industries, sur un projet consistant à payer les familles des communautés rurales vulnérables 160 dollars (170 CHF) par enfant pour qu’elles gardent leurs enfants à la maison et les envoient à l’école.
Les parents sont formés à des compétences leur permettant de monter une micro-entreprise – telles que l’élevage, la confection, ou la restauration – afin qu’ils puissent créer des revenus pour leur famille, précise Doris Boi, coordinatrice de la lutte contre le trafic à l’OIM dans la région de la Volta. Pour l’OIM, «il est bon de sauver ces enfants, mais si on n’autonomise pas financièrement les parents, la probabilité de voir à nouveau les enfants victimes d’esclavage est très élevée».
Au Ghana, une loi sur le trafic d’êtres humains a été votée en 2005. Il a fallu attendre le 27 janvier 2010 pour qu’une affaire de cet ordre soit jugée: une femme a alors été emprisonnée pour avoir acheté deux garçons à 65 dollars (69 CHF), afin de les faire travailler dans l’industrie de la pêche, relève Akua Sena Dansua, ministre ghanéenne de la Condition féminine et de l’enfance. Depuis 2002, l’OIM a intercepté 684 enfants vendus par leurs parents et destinés à travailler pour des pêcheurs. Elle a apporté son soutien à des milliers de familles, afin qu’elles gardent leurs enfants.
D’après Doris Boi, de l’OIM, le nombre d’enfants victimes de trafic à l’intérieur du pays baisse d’année en année, tout comme le nombre d’enfants assistés qui sont à nouveau vendus à des trafiquants. Cela montre que le programme est efficace. En février 2010, le gouvernement a lancé un projet de base de données nationale visant à rassembler des informations exactes sur le nombre d’enfants victimes de trafic à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, le nombre de ces victimes envoyées à l’étranger, leur âge, les auteurs de leur trafic. Le gouvernement et l’OIM ne pourront estimer avec précision l’impact de leur action qu’une fois que cette base de données sera mise en place. (apic/ibc/be)
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