Un accord de l’ONU aux soins intensifs pour la Déclaration de Berne
Lausanne, 29 mars 2010 (Apic). Les délégués de quelque 150 pays ont négocié la semaine dernière à Cali (Colombie) un accord de l’ONU contre la biopiraterie. En se montrant intransigeants, les pays industrialisés, le Canada en tête, sont à nouveau parvenus à empêcher tout progrès, déplore la Déclaration de Berne (DB), le 29 mars 2010.
L’adoption de cet important protocole, prévue lors de la prochaine conférence des Etats signataires de la Convention sur la biodiversité (CBD) en octobre prochain à Nagoya (Japon), semble plus que jamais compromise.
Le partage équitable des bénéfices retirés de l’utilisation de la biodiversité est une exigence centrale de la Convention sur la biodiversité (CBD). La condamnation et la lutte contre la biopiraterie doivent en effet être reconnues comme une condition préalable essentielle à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité, lit-on dans le communiqué de la Déclaration de Berne (DB) du 29 mars 2010. A Nagoya, l’ébauche de protocole à la CBD existante doit être complétée et enfin mise en œuvre, poursuit le texte, comme exigé de longue date, mais les positions sur la question se sont encore durcies.
Le Canada, l’Australie, la Corée du Sud et le Japon s’entêtent, selon le communiqué de la DB, à s’opposer aux mesures concrètes prévues dans le Protocole. Les Offices des brevets pourraient, par exemple, jouer le rôle de points de contrôle spécifiques dans les pays utilisateurs, en vérifiant l’accès légal aux ressources selon les termes de la CBD. Une proposition rejetée par les pays mentionnés, qui relayaient ainsi les intérêts de l’industrie pharmaceutique et de la biotechnologie. A l’inverse, les pays en développement ont insisté à Cali sur la nécessité de ces mesures contraignantes pour mettre un terme au pillage commercial de la biodiversité.
Autre point d’achoppement pour la DB : la définition des ressources concernées par le Protocole. Certains pays industrialisés souhaiteraient que soient exclues toutes les ressources déjà pillées avant l’entrée en vigueur du Protocole, ce qui reviendrait à vider le Protocole de son contenu et à légaliser à posteriori tous les actes de biopiraterie passés, pourtant en infraction à la CBD.
Malgré un lobby pharmaceutique fort, la Suisse a adopté une position plus souple et pourrait jouer un rôle constructif lors des négociations finales. Mais seules des discussions informelles intensives d’ici à l’automne permettront d’aboutir à un accord digne de ce nom, dans l’intérêt de l’humanité. Car si les négociations devaient échouer, l’avenir de la CBD serait compromis, et avec lui la préservation de la diversité biologique, affirme la DB. (apic/com/js)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/un-accord-de-l-onu-aux-soins-intensifs-pour-la-declaration-de-berne/