50 ans de dispute entre Eglise et Etat
Prague, 29 mars 2010 (Apic) Mgr Dominik Duka, nouvel archevêque de Prague, veut trouver un accord avec l’Etat tchèque sur le problème de la propriété de la cathédrale Saint-Guy. Pour le prélat, «il est impératif de trouver une solution acceptable à cette querelle».
Il s’agit de trouver une solution acceptable par toutes les parties, a déclaré le prélat aux médias tchèques le 29 mars 2010. Mgr Duka a été nommé à mi février archevêque de Prague par le pape Benoît XVI. Il entrera officiellement en fonction le 10 avril prochain.
La difficile tâche du nouvel archevêque sera de régler les questions des relations entre l’Eglise catholique et l’Etat, qui ont été marquées par près d’un demi-siècle de communisme. L’Eglise catholique et l’Etat tchèque se disputent depuis 16 ans environ la propriété de la plus importante cathédrale de Bohème, la cathédrale Saint-Guy de Prague, dont la construction remonte à l’empereur romain germanique Charles IV au XIVe siècle. La décision la plus récente du tribunal avait attribué la cathédrale à l’Etat, ce qui signifie pour l’Eglise une légalisation des confiscations effectuées par le régime communiste.
Le nouvel archevêque veut aussi régler toutes les questions des biens confisqués par les communistes après 1948.
Pour Mgr Duka, le problème de la cathédrale, qui constitue l’un des points les plus épineux des relations entre Eglise et Etat et qui est un des plus forts symboles de la Tchéquie, doit être compris dans toute sa portée historique. Il affirme que celle-ci «parle sans aucun doute» aussi bien aux non croyants qu’aux fidèles. Il estime que sa libération de la tutelle étatique symbolisera aussi l’admission de représentants d’autres Eglises chrétiennes et de la communauté juive.
Lors de l’entrée en fonction du nouveau prélat, le président de la République tchèque, Vaclav Klaus, sera de la partie, étant ami personnel depuis de nombreuses années du nouvel archevêque. Auparavant, il recevra, le cardinal Miloslav Vlk qui quittera ses fonctions à la tête de l’Eglise tchèque. Ce dernier s’était longuement battu pour la restitution de la cathédrale de Prague à l’Eglise catholique.
Encadré
Agé de 66 ans, le dominicain Dominik Duka est né à Hradec Králové dont il est devenu l’évêque en 1998. Consacré prêtre en 1970, très vite, son autorisation d’exercer lui est retirée, il passe deux ans en prison au début des années 1980 et travaillera jusqu’en 1989 dans les usines Škoda à Plzeň. Considéré comme conservateur, Dominik Duka est aussi réputé pour son carnet d’adresse politique. Daniel Herman, ancien porte-parole de la conférence des évêques tchèques: « Il s’agit d’une personne pondérée, c’est un diplomate qui sait ce qu’est un bon compromis. Il sait jusqu’où il peut ou ne pas aller. »
Autre grand enjeu, qui n’est évidemment pas seulement celui de Dominik Duka, mais celui de l’ensemble de l’Eglise tchèque, voire des autres confessions de République tchèque, la question de la foi dans un pays considéré comme le plus athée d’Europe. (apic/kna/ak/ag/js)
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