France: Affaires de pédophilie dans l’Eglise, appel d’intellectuels, journalistes, artistes et personnalités de la société civile

Pour que la vérité soit faite, non à la surenchère médiatique

Paris, 2 avril 2010 (Apic) Près d’un millier de personnes en France, mais également à l’étranger, chrétiens ou non chrétiens, ont déjà signé un «Appel à la vérité» initié par des intellectuels, journalistes, artistes et personnalités de la société civile. Les signataires demandent que la vérité soit faite dans les affaires de pédophilie dans l’Eglise, qui sont «pour tous les catholiques, une source de peine profonde et de douleur extrême». Ils déplorent dans le même temps «l’emballement et la surenchère médiatiques qui accompagnent ces affaires».

«Des membres de la hiérarchie de l’Eglise ont eu, sur certains dossiers, de graves manquements et dysfonctionnements, et nous saluons la volonté du pape de faire toute la lumière sur ces affaires. Avec les évêques, et en tant que membres de la même Eglise, les laïcs catholiques assument le poids des crimes de certains prêtres et des défaillances de leurs supérieurs; ils se rangent résolument, ainsi que le Christ invite à le faire, du côté de ceux qui souffrent le plus de ces crimes, c’est-à-dire les victimes, tout en priant pour les coupables», peut-on lire dans le texte de l’appel. Les signataires souhaitent de tout cœur que toute la vérité soit faite et qu’avec le concours de tous les hommes et femmes de bonne volonté, «il soit débattu sereinement et fraternellement, dans l’Eglise catholique, de tout ce qui a pu rendre possible ces offenses portées aussi au Christ.»

Dérives médiatiques: face aux affaires, partialité, méconnaissance ou délectation

Par contre, les signataires de l’appel relèvent qu’au-delà du droit à l’information, légitime et démocratique, «nous ne pouvons que constater avec tristesse, en tant que chrétiens mais surtout en tant que citoyens, que de nombreux médias dans notre pays (et en Occident en général) traitent ces affaires avec partialité, méconnaissance ou délectation. De raccourcis en généralisations, le portrait de l’Eglise qui est fait dans la presse actuellement ne correspond pas à ce que vivent les chrétiens catholiques.»

Tout en redisant leur horreur devant le crime de prêtres pédophiles et leur solidarité envers les victimes, les signataires de l’appel demandent aux médias de respecter une éthique de responsabilité qui passerait par un traitement plus déontologique de ces affaires. «Les phénomènes d’emballement médiatiques ne sont pas réservés, et de loin, à l’Eglise; mais nous sommes fatigués et meurtris de cet emballement-là. Nous pensons à tant de prêtres qui portent avec courage, et parfois dans la solitude, le message du Christ.»

«Nous sommes avec eux»

Les signataires saluent la lettre des évêques de France en solidarité avec le pape Benoît XVI, et souhaitent voir l’Eglise catholique «sortir avec sérénité et responsabilité de cette épreuve douloureuse». Parmi les signataires, on relève les noms de Jean Chélini, historien, secrétaire perpétuel de l’Académie de Marseille, de Gérard Leclerc, essayiste et journaliste, de Jean-Luc Marion, philosophe et membre de l’Académie Française, d’Henri Tincq, ancien journaliste au Monde et écrivain, du comédien Michael Lonsdale ou de l’éditeur Grégory Solari. (apic/com/be)

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