Canada : Des experts du monde entier étudient le potentiel du secteur financier islamique

Estimé à 500 milliards de dollars

Toronto, 2 avril 2010 (Apic) Des dirigeants de la finance islamique, des banquiers, agents financiers et responsables politiques du monde entier se sont retrouvés au Sheraton Centre de Toronto pour étudier les produits et les services financiers conformes à la charia, ou loi islamique. Ces produits islamiques sont en forte croissance dans le monde, bien qu’encore insuffisamment analysés.

La conférence de l’ Usury-Free Association of North America (UFANA) (*) a rassemblé les 30 et 31 mars plus de 150 experts originaires d’une douzaine de pays en vue d’examiner un vaste ensemble de services qui respectent l’interdiction de pratiquer l’intérêt imposée par l’islam. Selon les organisateurs de la conférence, le potentiel du marché financier islamique mondial est estimé à 500 milliards de dollars américains.

Des chercheurs, des juristes et des experts financiers islamiques des Etats-Unis, du Canada, de Grande-Bretagne et de plusieurs pays du Moyen-Orient se sont penchés sur les actions et les produits d’investissement, les activités bancaires, les fonds d’actions, les hypothèques et les crédits qui sont compatibles avec la loi coranique.

Une première carte de crédit «halal»

La première carte de crédit «halal», c’est-à-dire conforme à la charia au Canada, la iFreedom Plus MasterCard, a été lancée à l’occasion de cette conférence. Bien que de grands progrès aient été faits dans le domaine des banques et des services financiers islamiques, notamment en Grande-Bretagne, «l’offre ne suffit tout simplement pas à satisfaire la demande» en dehors du monde musulman, a déclaré le porte-parole de la conférence, John Qubti. «Un grand nombre de musulmans gardent leur argent sous leur matelas. Ils ne font aucun investissement».

Le prêt à intérêt assimilé à l’usure

En vertu de la charia, demander ou percevoir des intérêts (»riba») est assimilé à l’usure et considéré «haram,» ou interdit. Cela signifie que les comptes d’épargne traditionnels, les cartes de crédit et les investissements productifs d’intérêts sont prohibés par les musulmans observant la loi. Il en va ainsi des placements dans tout secteur associé au jeu, à l’alcool, au porc, au tabac, aux armes ou à la pornographie ou à tout autre supposant un niveau de risque anormalement élevé. La spéculation est aussi interdite.

Le modèle financier islamique est fondé sur le partage des risques. Par exemple, les hypothèques islamiques fonctionnent de telle manière que, soit le prêteur achète la maison, soit il participe à son achat sur un plan de partenariat. Le propriétaire de la maison paie alors chaque mois un «loyer» en même temps qu’il effectue des versements fondés sur des taux équitables mais compétitifs. L’arrangement repose sur le commerce et le profit, tous les deux autorisés.

«Rentabiliser son argent n’est pas un péché pour l’islam», précise John Qubti.

Sur un plan mondial, le Fonds islamique Dow Jones, créé en 2000, et l’Indice Dow Jones des marchés islamiques, lancé en 1999, offrent des investissements conformes à la charia.

D’après un rapport publié récemment par l’Agence nationale du logement au Canada, les hypothèques islamiques et les autres produits financiers conformes à la charia ne poseraient aucun problème en matière de droits civil. (*) Cf. www.ufana.org (apic/eni/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/estime-a-500-milliards-de-dollars/