Afrique du Sud: Des ecclésiastiques dénoncent un contrat d’armements

Qui est en train de compromettre la nouvelle démocratie sud-africaine

Le Cap, 5 avril 2010 (Apic) Des dirigeants d’Eglises sud-africains et suédois se déclarent « très préoccupés » par le fait qu’un contrat d’armements passé entre la Suède et l’Afrique du Sud, pourtant vieux de dix ans, est en train, selon eux, de menacer la démocratie naissante dans ce pays d’Afrique.

Le contrat de vente d’armes à l’Afrique du Sud auquel étaient aussi associés d’autres pays européens et occidentaux comme la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne et qui date d’une dizaine d’années, portait sur environ 4.8 milliards de dollars.

« Comme prévu, ce contrat a déclenché une culture de la corruption qui a gravement compromis le passage de l’apartheid à la démocratie en Afrique du Sud « , ont déclaré le lauréat du prix Nobel, l’archevêque Desmond Tutu, et l’archevêque anglican du Cap, Thabo Makgoba, en même temps que les dirigeants d’Eglises suédois.

Les deux dirigeants anglicans ont rédigé un article de concert avec l’archevêque émérite K.G. Hammar, de l’Eglise de Suède, et Karin Wiborn, une baptiste qui est la présidente du Conseil chrétien de Suède. Il a été publié le 28 mars dans l’hebdomadaire sud-africain Sunday Times et le quotidien suédois Dagens Nyheter.

Selon eux, il est possible d’établir un lien entre les émeutes qui ont eu lieu récemment en Afrique du Sud en signe de protestation contre l’incapacité du gouvernement de fournir des services de première nécessité et la priorité donnée à l’achat d’armements coûteux.

« Quelques semaines seulement avant la signature du contrat entre la Suède et l’Afrique du sud sur l’exportation de Gripen, des avions suédois de combat, le Conseil des Eglises sud-africain et le Conseil chrétien de Suède avaient organisé un séminaire au Cap – le 24 novembre 1999 – sur le thème ’Dépenses pour la défense et lutte contre la pauvreté’.

« Une déclaration commune entre les deux Conseils chrétiens avait été adoptée dans laquelle nous exprimions nos profondes préoccupations envers ce contrat d’armements qui pouvait nuire à la gouvernance, à la légitimité et aux activités anti-corruption en Suède et en Afrique du Sud. »

Ce contrat d’armements a été le plus gros contrat militaire de l’histoire entre des pays industrialisés et l’Afrique. « Aujourd’hui, plus de dix ans après, nous sommes tristes and inquiets en constatant que les préoccupations que nous avions soulevées étaient bien fondées. Selon l’Institut pour la Démocratie en Afrique du Sud (Idasa), ce contrat d’armements est ’révélateur de l’attachement de l’Afrique du Sud à la démocratie et à une bonne gouvernance’.

Il affirme que le gouvernement sud-africain « a succombé à des arguments économiques absurdes et à la pression » émanant des gouvernements européens pour qui le contrat créerait plus de 65 000 emplois et stimulerait ainsi l’économie. Et d’ajouter : » Jusqu’à présent, leurs promesses se sont avérées n’être que des paroles en l’air ».

Les dirigeants d’Eglises ont répété ce qu’ils avaient déclaré il y a dix ans, en réclamant « une enquête judiciaire indépendante sur les allégations de corruption qui ont été faites en rapport avec le contrat d’achat d’armements ». Ils appellent, par ailleurs, le gouvernement suédois à coopérer pleinement aux enquêtes réalisées, à suspendre la vente d’armes à l’Afrique du Sud jusqu’à l’achèvement du processus d’examen et à recommander vivement aux gouvernements et aux fournisseurs britanniques, allemands et italiens de prendre des mesures similaires. (apic/eni/pr)

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