Les prélats derrière le pape
Paris, 6 avril 2010 (Apic) Les évêques français ont multiplié, durant le week-end de Pâques, les prises de positions sur les affaires de pédophilie. Ils ont insisté sur la nécessité de rechercher la vérité, tout en s’opposant à l’acharnement dont l’Eglise est actuellement victime.
L’archevêque de Rouen, Mgr Jean-Charles Descubes, n’a pas hésité en pleine Semaine Sainte, à reconnaître que deux prêtres de son diocèse étaient impliqués dans des affaires de pédophilie. Il en a même donné les noms «pour éviter des rumeurs malsaines», a-t-il dit. Pour le prélat, qui a lu son message lors de la messe du Jeudi Saint, le message est clair: il ne doit plus y avoir de silence complice ou de protection abusive pour les prêtres coupables de tels faits.
Le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, a déclaré: «il y a 15 ans, on sermonnait, on demandait aux prêtres de se ressaisir spirituellement et on le changeait d’affectation à l’intérieur du diocèse». Selon lui, il s’agissait alors de «garder un caractère de confidentialité, souvent à la demande de la famille, mais aussi pour préserver l’image de l’Eglise.»
L’ancien évêque d’Evreux, Mgr Jacques Gaillot, a aussi avoué son «erreur» en accueillant, dans les années 1980, un prêtre d’origine canadienne condamné dans son pays pour actes de pédophilie.
Les évêques rejoignent le sentiment de nombre de leurs ouailles qui défendent l’action du pape dans le domaine. Ils en réfèrent au succès de la pétition «L’appel à la vérité» signée par des intellectuels, journalistes et artistes chrétiens. Le cardinal Ricard s’étonne de la campagne de dénigrement lancée contre Benoît XVI, reconnaissant à ce dernier une droiture hors pair. Pour le cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris, les calomnies dont est victime le pape ne correspondent à rien: comme préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Ratzinger a toujours encouragé les évêques à lutter contre la pédophilie. (apic/lc/js)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse