Appel à la réconciliation
Le Cap, 6 avril 2010 (Apic) – Des responsables chrétiens d’Afrique du Sud ont condamné l’assassinat d’un leader d’extrême droite, Eugène Terreblanche, exhortant les responsables politiques à appeler à l’apaisement, alors que les tensions raciales s’intensifient.
Une chanson encourageant l’assassinat de Blancs, mise en valeur par le chef de la section jeunesse du parti au pouvoir, le Congrès national africain, mais interdite par une décision de justice, a été accusée d’avoir attisé les tensions qui, selon les sympathisants d’Eugène Terreblanche, ont entraîné la mort de celui-ci.
Le site web d’information Legalbrief a indiqué le 3 avril que l’assassinat d’Eugène Terreblanche, qui était le leader de l’Afrikaner Weerstandsbeweging (AWB – Mouvement de résistance afrikaner) et qui s’opposait ardemment à la fin de l’apartheid, a intensifié les craintes d’une recrudescence des tensions raciales, suite à une bataille juridique portant sur des propos à caractère racial.
Selon Legalbrief, les tensions raciales entre la majorité noire et la minorité blanche d’Afrique du Sud sont à leur paroxysme depuis l’assassinat, en 1993, de Chris Hani, chef du Parti communiste d’Afrique du Sud, un événement qui avait menacé de faire échouer les premières élections démocratiques dans le pays.
L’archevêque anglican du Cap, Thabo Makgoba, a réagi promptement à l’assassinat d’Eugene TerréBlanche, qui avait purgé une peine de prison pour avoir passé à tabac un pompiste noir quelques années auparavant.
« J’ai entendu l’affreuse nouvelle de son assassinat en quittant la cathédrale du Cap aux premières heures du dimanche de Pâques, alors que je venais de célébrer la résurrection de Jésus Christ », a déclaré l’archevêque, qui, comme de nombreux responsables d’Eglise, a participé à la lutte contre l’apartheid dans les années 1980.
« Je condamne le meurtre de M. TerréBlanche et je présente mes sincères condoléances à sa famille, que je garde dans mes prières », a déclaré l’archevêque Makgoba.
Le 5 avril, le Conseil des Eglises d’Afrique du Sud, qui est soutenu par les Eglises orthodoxes et protestantes et des évêques catholiques romains, a appelé les partis politiques à faire preuve d’un leadership fort après l’assassinat d’Eugene Terreblanche, qui était âgé de 69 ans.
« Nous appelons les autres dirigeants politiques à tout mettre en œuvre pour apporter le leadership de réconciliation dont le pays à besoin en cette période », a déclaré le secrétaire général du Conseil des Eglises d’Afrique du Sud, Eddie Makue. « Ce leadership exclura les propos ou les chants incendiaires, qui sont capables de plonger le pays dans un cycle de violence. »
Deux travailleurs agricoles d’Eugene Terreblanche, âgés de 15 et 28 ans, ont été arrêtés dans le cadre de son assassinat, qu’ils auraient revendiqué et qui aurait été motivé par une querelle salariale, a indiqué l’Association de la presse sud-africaine.
Dans la ville de Ventersdorp, près de là où vivait Eugene Terreblanche, de nombreux habitants se sont dits en colère vis-à-vis du climat qui, selon eux, encourage la violence à l’encontre des Afrikaners.
Bien que « boer » signifie « fermier » en afrikaans – langue des descendants des premiers colons néerlandais et huguenots – il s’agit également d’un terme péjoratif désignant les Blancs. Les groupes de pression agricoles affirment que plus de 3’000 fermiers blancs d’Afrique du Sud ont été tués depuis les premières élections au suffrage universel, en 1994. (apic/eni/js)
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