859’000 enfants africains souffrent de malnutrition sévère et doivent être soignés d’urgence
Dakar, 7 avril 2010 (Apic) L’UNICEF s’est déclaré « très inquiet des effets dévastateurs » de l’insécurité alimentaire qui fait que 859’000 enfants du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Mali, du Niger, du Nord – Nigeria et du Tchad, souffrent de malnutrition sévère et doivent être soignés d’urgence.
Selon l’organisation, ces enfants vivent dans des dizaines de milliers de familles de la sous-région, en situation « d’extrême détresse » à cause de la crise alimentaire qui frappe ces six pays d’Afrique, mettant en danger la survie et la santé future de ces enfants, a souligné le Fonds, dans un document publié à Dakar, au Sénégal.
La région du Sahel connaît une forte prévalence de la malnutrition parmi les enfants depuis longtemps. Cette année, les pluies ont été insuffisantes dans certains pays, dans d’autres, des inondations torrentielles ont affecté les zones de cultures. Les récoltes ont été affectées. Les prix des denrées alimentaires de base sont plus élevés déjà que les années précédentes, à la même période. La santé et les soins apportés aux enfants vont pâtir du fait qu’un nombre accru de foyers va connaître une insécurité alimentaire.
En République démocratique du Congo (RDC) aussi, au moins 700 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour de faim dans cinq provinces du pays, a révélé mardi le ministre congolais de la Santé, Victor Makwenge, lors d’une conférence de presse sur la malnutrition, a rapporté l’agence France presse (AFP). Près de 530’000 enfants de moins de 5 ans et plus d’un million de femmes ont besoin d’une prise en charge nutritionnelle urgente, a-t-il ajouté, notant que « si rien n’est fait d’ici 5 ans, 870’000 enfants vont mourir de malnutrition et les pertes économiques seront de l’ordre de près d’un million de dollars ».
Selon la cheffe du bureau de l’UNICEF en RDC, Pierrette Vu Thi, la malnutrition est un problème de santé publique, malgré les potentialités dont regorge ce pays, particulièrement dans le domaine alimentaire.
Dans son communiqué publié par son bureau régional en Afrique de l’ouest, basé à Dakar, l’UNICEF a relevé que l’impact de l’insécurité alimentaire sur les enfants âgés de six mois à cinq ans s’observe déjà au Niger et au Tchad où des milliers de foyers n’ont déjà plus de stocks de vivres. Une augmentation du nombre des admissions dans les centres thérapeutiques est attendue.
L’UNICEF et ses partenaires mettent en œuvre des interventions pour sauver les vies des enfants et les femmes et préparent « des dispositifs d’urgence » pour les mois à venir. Sur un besoin de 50 millions de dollars, seule la moitié, 25 millions, a pu être mobilisée à ce jour pour faire face à la situation. « Si le déficit n’est pas comblé, les financements reçus ne permettront pas aux acteurs humanitaires de mettre en œuvre les mesures d’urgence prévues en faveur des enfants malnutris », a averti l’UNICEF, ajoutant qu’avec ses partenaires, ils ont besoin d’une aide financière additionnelle de la communauté internationale pour assurer la mise en œuvre des plans de réponse et l’approvisionnement des stocks nécessaires à court, moyen et plus long terme. (apic/ibc/pr)
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