Inde: La violence maoïste incite les Eglises à réagir
New Delhi, 7 avril 2010 (Apic) Un responsable chrétien de l’Inde a appelé les Eglises de son pays à lutter contre l’intensification de la violence perpétrée par les maoïstes et contre la répression brutale qu’elle suscite de la part de l’Etat.
«La situation empire et on fait état d’un nombre croissant d’incidents violents. Nous ne devons pas rester les bras croisés face à cette intensification de la violence», a déclaré à l’Agence ENI le pasteur Asir Ebenezer, secrétaire général par intérim du Conseil national des Eglises de l’Inde (NCCI).
Le pasteur Ebenezer, dont l’organisation rassemble 30 Eglises orthodoxes et protestantes, a tenu ses propos le 6 avril, en réaction à la violence croissante perpétrée contre les représentants de l’Etat par les maoïstes et à la répression qui s’ensuit de la part du gouvernement. Le 6 avril, 66 membres – une septantaine selon d’autres sources – des forces de l’ordre ont trouvé la mort lorsque leur convoi a été pris en embuscade par des centaines de maoïstes dans un village reculé de l’Etat du Chhattisgarh, dans le centre de l’Inde.
Auparavant, entre le 29 mars et le 1er avril, alors que les chrétiens célébraient la semaine sainte, des rebelles maoïstes ont attaqué plusieurs institutions, notamment une école chrétienne, dans l’Etat du Bihar, dans le nord du pays. D’après les rebelles, il s’agissait d’un acte de représailles pour répondre à la répression dont ils font l’objet dans le cadre d’une opération anti-maoïste menée par le gouvernement, qui a suscité de nombreuses critiques de la part d’organisations de défense des droits civils.
Le ministre indien de l’Intérieur P. Chidambaram a déclaré le 3 avril que son gouvernement se devait de faire tout son possible contre les maoïstes en raison des violences généralisées. Les rebelles avaient auparavant assiégé un district de l’Etat du Bengale-Occidental.
Les maoïstes auraient causé des ravages dans des zones pauvres et sous-développées du centre et de l’est de l’Inde en organisant des procès expéditifs, en imposant des mesures disciplinaires, en tuant des centaines de membres des forces de l’ordre et en kidnappant des représentants de l’Etat.
Les régions les plus touchées par la violence maoïste sont notamment les régions tribales pauvres situées dans les Etats de l’Andhra Pradesh, du Bihar, du Chhattisgarh, de l’Orissa et du Bengale-Occidental. Dans ces régions, les groupes maoïstes contestent le système juridique indien.
«Comme nous avons appris à réagir face au sida, il est temps pour l’Eglise de commencer à jouer un rôle clé pour apporter la paix et mettre fin à la violence», a déclaré le pasteur Ebenezer. «Nous devons persuader les deux parties de renoncer à la violence et nous pouvons faciliter le dialogue. Nous devons également faire comprendre au gouvernement la cause fondamentale de cette rébellion: l’inégalité sociale et l’injustice». Toutefois, a ajouté le leader du NCCI, comme le sujet est très sensible, «les Eglises sont extrêmement prudentes et elles gardent le silence. Nous devons briser ce silence et tenter d’endosser le rôle d’artisans de la paix».
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