«J’aurais pu sombrer dans la délinquance»

Valais: L’abbé Joël Pralong fête ses 25 ans de sacerdoce… et publie des livres

Sion, 11 avril 2010 (Apic) A l’occasion de l’année sacerdotale lancée par Benoît XVI et de son jubilé de 25 ans de sacerdoce, l’abbé Joël Pralong, prêtre du diocèse de Sion, en Valais, a décidé de publier deux livres de témoignage: «Le pouvoir des mains vides» et «Dieu dans mes bagages».

Joël Pralong est un Valaisan de pure souche, natif de Salins, au cœur du Valais. Après une formation d’infirmier en psychiatrie et deux ans de pratique, il entreprend des études de théologie à Fribourg. Né en 1956, ordonné prêtre le 17 juin 1984 par le pape Jean Paul II lors de sa visite en Suisse, il est nommé vicaire puis curé dans différentes paroisses du diocèse de Sion. L’abbé Pralong se passionne pour l’écriture depuis quelques années, avec une envie de partager sa foi en Dieu et en l’homme. Ses publications sont le fruit de sa réflexion, cueilli sur le terrain de son expérience humaine et pastorale éclairée par de nombreux ouvrages.

Rencontré par l’Apic, il exprime ce qu’il entend par «être prêtre» dans la société d’aujourd’hui, par rapport au passé, et décrit ce que doit être l’image et la mission de l’Eglise et du prêtre dans une société comme la nôtre qui, selon lui, est hostile au message évangélique et en manque de «feu prophétique».

Apic: Abbé Joël Pralong, voilà aujourd’hui 25 ans – un quart de siècle – que vous êtes devenu prêtre. Pouvez-vous nous dire quel a été le premier déclic de votre vocation!

Joël Pralong: A ceux qui me posent cette question, je réponds toujours avec humour que je suis né avec la vocation. Comme Obélix je suis tombé «dedans». Etant tout petit, autant que je m’en souvienne, je me sentais naturellement attiré vers Dieu. Enfant, mon caractère était plutôt celui d’un leader, d’un fonceur, d’un frondeur et d’un impulsif, pas du tout du genre pacifique ou béat. Frondeur, et pourtant émerveillé, sensible devant un beau coucher de soleil, un chant d’oiseaux, une belle nature.

Je m’isolais souvent dans la forêt, en quête de silence et de Dieu. Un caractère qu’on pourrait qualifier de contradictoire. J’étais surtout un doux rêveur qui s’échappait volontiers dans ses imaginations et ses projets. Mon tempérament de meneur faisait que mes copains me suivaient au quart de tour. J’avais toujours plein d’idées mais pas forcément dans le sens du bien. Je me retrouve entre Saul de Tarse et saint Paul.

A l’époque, je m’en souviens encore, je n’aimais pas étudier. J’aurais pu même sombrer dans la délinquance. Je préférais surtout m’amuser et monter mes bandes de copains. Et puis, un autre monde m’attirait, celui des petits, des malades et des hôpitaux. A l’âge de 14 ans, j’étais fixé dans mes projets d’avenir; je déclarais haut et fort: «plus tard, je veux être infirmier et prêtre!», ce qui faisait rire tout le monde, vu mon tempérament «d’emmerdeur» et ma pauvreté intellectuelle.

Apic: Comment avez-vous «remonté la pente», retrouvé le goût des études et êtes sorti de cette «pauvreté intellectuelle» ?

Joël Pralong: Il suffit parfois de rencontrer les bonnes personnes, au bon moment, qui vous redonnent confiance en vous-même. A la suite d’un solide rattrapage intellectuel, j’ai entrepris ma formation d’infirmier en psychiatrie, passionné de connaître l’humain «sous toutes ses coutures». Cette formation m’a permis d’approcher l’homme sous l’angle philosophique et psychologique, en me demandant qui il est et où il va. Les enseignements dispensés par les psychiatres et les «psychologues de tout poil» me troublaient beaucoup et créaient en moi un vide existentiel. Certains d’entre eux décrivaient les chrétiens comme d’éternels enfants en quête d’un père imaginaire pour répondre à leurs angoisses existentielles. Dans ce milieu, Dieu n’existe pas.

Pour certains de ces «psys», les croyances s’ajoutent à la liste des symptômes névrotiques. Dans ces années-là, un livre, «La névrose chrétienne» du Docteur Pierre Solignac, avait défrayé la chronique, en stigmatisant l’impact catastrophique, sur le comportement, d’une éducation religieuse légaliste. Imposée du dehors, celle-ci aurait engendré des êtres peu sûrs et sans estime d’eux-mêmes, portés à la culpabilité, au scrupule, ainsi qu’à des comportements obsessionnels, voire parfois hystériques. La peur constante de ne pas être en règle avec la loi de la conscience cloisonnerait le croyant dans le sentiment d’être toujours en faute ou en dette vis-à-vis de Dieu.

Même si ces enseignements me troublaient, ils ne parvenaient pourtant pas à briser ma foi. Quelque chose me soutenait, au fond de moi, comme la quille des grands bateaux, les empêchant de sombrer dans la tempête. Le temps venu, j’irai plus loin, j’approfondirai toutes ces questions pour me forger ma propre opinion. Ma formation me laissait sur ce vide existentiel, car ce vide, je le ressentais également chez les malades que je soignais.

Apic: C’est cette constatation qui vous a poussé à aller plus loin…

Joël Pralong: En effet, j’avais soif de comprendre qui est l’homme de manière plus large: non seulement sous l’angle «psy» mais encore sous celui de la philosophie et de la théologie.

Pour moi, ces malades (psychotiques, dépressifs, toxicomanes, alcooliques..) qui avaient touché le «fond» représentaient tout ce qui reste de l’humain quand tous ses désirs, ses rêves et ses aspirations au bonheur se sont écroulés.

Cette crise existentielle vécue par ces malades – pour lesquels j’avais une grande affection et beaucoup de compréhension -, moi aussi je l’ai vécue comme une angoisse. Bien que je n’aie jamais eu aucune idée de suicide, le suicide, je l’ai effleuré: en voyant comment ces malades souffrent et en m’interrogeant sur le sens de la vie, je me disais avec Jean Paul Sartre, le philosophe du désespoir, que c’est certainement le suicide qui, finalement, peut mettre fin à l’angoisse existentielle qui gangrène l’espérance. Quand toutes les explications psychologiques, philosophiques et psychanalytiques me sont apparues insuffisantes, j’ai interrogé Dieu et me suis tourné vers la théologie, mais toujours avec le souci de comprendre l’homme et de donner sens à la vie. La théologie, par rapport à ces disciplines (philosophie, psychanalyse), m’a donné une autre réponse, plus convaincante de qui est l’homme et d’où viennent ses problèmes récurrents.

Apic: Vous avez alors examiné l’homme sous le regard de Dieu ?

Joël Pralong: Avant cela, j’avais moi-même éprouvé ce grand vide existentiel au contact des patients. Ma foi s’était pas mal étiolée. Je sentais et j’expérimentais leurs angoisses. J’éprouvais souvent l’absence de Dieu. Ils étaient, dirais-je, mon miroir. Ils me faisaient toucher mes propres limites et faiblesses. Je leur dois beaucoup de m’avoir fait passer par là, pour saisir, plus tard, la puissance lumineuse de la présence de Dieu au coeur de nos manques. C’est à travers cette confrontation que ma vocation s’est affirmée. Je voulais devenir le messager de l’espérance et jeter de la lumière dans tous ces «vides». C’était cela pour moi devenir prêtre. Car seul Dieu est la réponse à notre quête de bonheur.

J’ai eu des parents chrétiens à qui je dois d’ailleurs beaucoup, mais dans ma vocation sacerdotale les choses se sont réalisées indépendamment de leur influence. Ma vocation a été, dirais-je, comme arrachée à l’intérieur de ce «vide» humain. Il a fallu aller jusque là pour rencontrer ce Dieu et entendre son appel. Etre prêtre, pour moi, c’était mettre les personnes en contact avec leurs profondeurs, à l’écoute de leur «vide» et de la «voix» qui se fait entendre à l’intérieur. En résumé, les mettre à l’écoute de leur propre coeur. Les vraies réponses ne peuvent venir que de l’intérieur de soi; les autres, ou l’entourage, ne sont que le faible écho de ce que l’on entend en soi.

Apic : Pouvez-vous nous préciser plus exactement quand et comment Dieu vous est apparu comme une évidence ? Est-ce dans ce monde médical ou après ?

Joël Pralong: Si, dans ma vie d’enfant, Dieu avait été une certitude, confronté au monde des malades, il était devenu une interrogation, et je dirais objet d’investigation. En dehors du monde hospitalier, j’avais la chance de faire partie d’un groupe de jeunes chrétiens dirigé par l’abbé Marc Donzé, vicaire dans une paroisse de Genève, ville où je faisais ma formation.

Dans toutes nos rencontres, on y vivait une ambiance extraordinaire et le groupe m’emplissait de Dieu. Et c’est cette ambiance spirituelle émouvante et édifiante qui m’a fait découvrir de manière sûre et amplement l’évidence de Dieu. Je dois l’avouer, sans ce groupe, je ne sais pas si j’aurais la foi aujourd’hui ! Comme quoi, la foi se transmet vraiment par le témoignage d’autres, «de la foi à la foi» comme on peut le lire dans Saint Paul aux Romains.

Apic: Et votre décision d’entrer au séminaire a été automatique à ce moment ?

Joël Pralong: Oui, même si, par moment, j’hésitais encore. J’avais aussi la possibilité de continuer à me former dans l’humanitaire pour partir dans les pays pauvres avec la Croix Rouge, idée qui m’enthousiasmait. Et puis, mon diplôme obtenu, je décidais d’entrer au séminaire diocésain. C’était soudainement devenu très clair.

Apic: Après tant d’années comme prêtre, vous avez découvert une autre vocation, celle d’écrivain. Quand et comment celle-ci est-elle née ?

Joël Pralong: D’abord, je ne prétends pas me définir comme un écrivain mais plutôt comme un «écriveur», c’est-à-dire quelqu’un qui essaie de mettre sur papier ce qu’il sent monter au fond de son coeur, sans fioritures ni phrases trop recherchées. Mon don d’»écriveur» m’est arrivé comme un appel, une sorte de bouillonnement intérieur à écrire. Il fallait que je mette par écrit ce que je ressentais. Les intuitions qui bouillonnaient en moi étaient le fruit de mon expérience sacerdotale et humaine confrontée à la Parole de Dieu.

L’écriture a commencé par de petits enseignements que je partageais oralement avec mes paroissiens. Puis, des amis et des paroissiens m’ont encouragé à mettre tout cela par écrit. Et un jour, un premier livre est né. Pour moi, l’écriture devenait l’instrument pour parler de ce Dieu qui m’habitait au-delà des murs de ma paroisse. Mon premier livre s’est intitulé: «De la faiblesse à la force, Paul de Tarse et Thérèse de Lisieux, un chant à deux voix». Dans ce livre, je voulais partager l’essentiel de la foi chrétienne pour décrire le christianisme, non pas comme une morale à suivre, mais un cadeau, une grâce, un amour, une vie à partager, celle de Dieu.

J’étais frustré de constater que, trop souvent, on réduit notre religion à une morale ou à des règles qui enferment. Dans cette lecture, on y découvre la grande nouveauté du message évangélique: c’est d’abord Dieu qui vient à l’homme gratuitement, par amour, et non l’homme qui doit aller vers Dieu, en lui faisant valoir ses mérites, comme trop souvent on l’a compris. Seule la foi est l’attitude juste qui permet d’accueillir l’amour divin versé dans le coeur de l’homme par le Saint-Esprit. Paul y est la face théorique du message évangélique tandis que Thérèse en est la face pratique et vécue au quotidien, accessible à tous, et surtout aux tout-petits.

Apic: Vous avez beaucoup voyagé en Asie et en Afrique. Qu’avez-vous découvert par rapport aux valeurs de simplicité et d’humilité de ces peuples qui, pour vous, permettent une vraie rencontre voire une communion intime de l’homme avec Dieu ?

Joël Pralong: Dans ces pays d’Asie et d’Afrique, l’athéisme n’existe pas. Dieu est naturellement présent dans la vie des hommes. Il n’est pas un objet de recherche rationnelle. Dieu fait partie intégrante de leur culture et n’est pas remis en question comme on le fait chez nous. Au delà de la «pauvreté» de ces pays, comme on dit chez nous, Dieu est pour ces peuples un trésor inaltérable, une force et une présence au quotidien. Malgré les difficultés, ils gardent toujours espoir. Ils vivent simplement et ont un sourire naturel à travers lequel on peut lire toujours Dieu et découvrir sa trace. Ces peuples ont beaucoup à nous donner, à nous, les nantis, les Occidentaux qui voulons tout comprendre et tout expliquer par la seule raison, nous qui prétendons être au top du progrès !

Or, prétendre tout expliquer rationnellement est un orgueil voire le projet insensé de vouloir prendre la place de Dieu et de nier son existence. Les peuples du tiers monde – un terme que je n’aime pas! – ne courent pas ce grand danger qui anime les Occidentaux et les conduit à vider Dieu de leur vie ou à le léguer au second plan. Les gens qui agissent plus «du dedans», comme ces peuples d’Asie ou d’Afrique, vivent aussi davantage «l’émerveillement» et c’est cet émerveillement qui nourrit le coeur et attire la grâce de Dieu.

Ces peuples m’ont appris comment accueillir Dieu et comment être simple. L’expérience que j’ai faite à Calcutta, par exemple, avec des jeunes de mes paroisses, m’a fortement marqué. Dans le mouroir de Mère Teresa, j’ai vu des personnes mourir avec le sourire. Pour eux, la vie fait partie de la mort et la mort fait partie de la vie. Il n’y a pas de séparation entre le monde d’ici et l’au-delà. Contrairement à nos pays occidentaux où il y a parfois un refus de la vie par la toxicomanie, le suicide, l’euthanasie, l’alcoolisme et autres, dans ces pays d’Asie et d’Afrique, il y a un amour de la vie, un accueil exceptionnel et chaleureux de l’autre, une intense joie de vivre. Ces peuples m’ont appris à vivre simplement, à m’émerveiller devant Dieu qui se révèle à travers les plus humbles et à apprécier le don de la vie.

Contrairement à nous les Occidentaux qui, avant de recevoir un étranger, cherchons d’abord à savoir qui il est, ces peuples d’Asie et d’Afrique l’accueillent sans aucun renseignement préalable. Ils ont cette qualité de recevoir l’étranger et de l’accueillir tel qu’il est, dans une attitude d’émerveillement et de confiance. Et là, nous avons beaucoup à apprendre d’eux. C’est cet accueil gratifiant qui dynamise et rend plus intense la vie. Si ces peuples m’ont montré Dieu, c’est parce qu’ils en ont été comme l’image ou le révélateur à cause de leur attitude d’accueil et d’émerveillement.

Apic: Est-ce cette expérience très bouleversante et marquante qui vous a conduit à écrire deux derniers livres: «Le pouvoir des mains vides» et «Dieu dans mes bagages» qui viennent de sortir ?

Joël Pralong: Je ne décide jamais d’écrire. C’est une intuition qui vient du coeur. Elle bouillonne et même, me perturbe, jusqu’au moment où je me décide à la mettre sur papier. Ensuite, les idées s’enchaînent naturellement, comme une source qui ne tarit pas.

Le titre d’un livre s’imprime naturellement dans ma tête. Dans mon second livre, «Le pouvoir des mains vides», je voulais d’abord dire de ma joie d’être prêtre au coeur d’un monde où l’Eglise est terriblement éclaboussée par tous ces scandales de pédophilie. Je voulais encourager prêtres et fidèles découragés, nous invitant tous à nous recentrer sur le Christ qui appelle. Comme témoin, j’ai choisi le personnage du prophète Jérémie, un homme sensible qui a souvent été tenté de renoncer à sa mission, et je montre comment le Seigneur l’a encouragé et rappelé à lui.

Face à un monde hostile, le prêtre a besoin de sentir en lui brûler le feu des prophètes. Pour cela, il doit sans cesse le ranimer et l’alimenter, comme l’a fait le saint curé d’Ars, Jean-Marie Vianney, seconde figure que je propose dans mon livre, à côté du prophète. En fait, deux prophètes au tempérament impulsif et sensible, souvent proches du désespoir, mais reprenant force et courage, «se remettant à feu» dans un même sursaut de foi pure et héroïque ! Dans ce livre, j’essaie de dire qu’il fut un temps où l’Eglise exerçait un certain pouvoir, «un pouvoir des mains pleines», tandis qu’aujourd’hui, elle n’a plus rien à prouver ou à séduire.

Elle n’a plus que «le pouvoir des mains vides», dépouillée de ses parures, mais c’est certainement pour elle la chance d’exercer le «pouvoir du coeur plein» de Dieu ! Seule la pauvreté des moyens laisse passer Dieu. Je me suis inspiré de ce titre à partir d’un passage du livre des Actes des Apôtres (Ac 3) où Pierre et Jean répondent au boiteux de la «belle porte du temple», qui s’attendait à recevoir de l’argent: «de l’or et de l’argent, nous n’en avons pas, mais ce que nous avons-nous te le donnons: au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche !» L’Eglise, et donc les prêtres, n’ont que ce pouvoir là: donner Jésus dans la pauvreté des moyens humains. Les mains vides mais le coeur plein. Avec seulement la foi et le feu qui brûlent au coeur. Il ne lui reste aujourd’hui que son témoignage à transmettre: un témoignage qui dénonce l’attachement à l’argent, aux plaisirs, aux biens, aux idoles de métal comme aux idoles mentales. Investi d’une mission prophétique, celle de réveiller le peuple de Dieu, le prêtre a le devoir d’oser dénoncer ce qui ne va pas et de montrer l’espérance. Ce feu prophétique manque aujourd’hui.

Apic: Vous dites que l’Eglise «des mains pleines» est en train de s’effondrer…

Joël Pralong: Je pense à une Eglise qui a toujours voulu montrer la perfection «à la force du poignet», tentée et marquée par le pharisaïsme. Une Eglise qui ne se remettait jamais en question. Le prêtre devait incarner la perfection, l’autorité, le modèle de la sainteté, refoulant ainsi une partie de son humanité, et surtout ses problèmes personnels. Ce schéma d’une Eglise d’hommes parfaits a prédominé longtemps. Une Eglise qui, jusqu’à Jean Paul II, ne s’autorisait jamais le moindre mea culpa, la moindre reconnaissance d’erreurs ou de faiblesses. On en était arrivé à un terrible orgueil spirituel. Aujourd’hui, n’assistons-nous pas ce que la psychanalyse appelle le retour du refoulé? Aujourd’hui où nous sommes passés à une Eglise «des mains vides» qui reconnaît ses faiblesses et ses limites. On est en train de payer cher ce que nous n’avons jamais eu l’humilité de confesser ou avouer dans le passé. Mais cette même Eglise pétrie de pauvreté, est à même d’être davantage encore témoin de la Miséricorde du Père.

Certes, j’ai été déçu et choqué d’entendre toutes ces dénonciations et révélations sur des cas d’abus sexuels et de pédophilie. Ensuite, je me suis dit que le Seigneur purifie son Eglise, en commençant par les prêtres. Il veut renouveler son Eglise, je dirais, de manière quasi chirurgicale, par de multiples ablations et traitements de choc. Je vis cela sereinement maintenant, je me sens encore plus solidaire des prêtres, de nos évêques et de notre pape. L’union fait la force, et le Christ est capable de guérir et de renouveler son Eglise à partir d’un petit reste seulement. TS/JB

L’abbé Joël Pralong est l’auteur de:

– De la faiblesse à la force, Paul de Tarse et Thérèse de Lisieux, un chant à deux voix, Editions Des Béatitudes, 2008

– Le pouvoir des mains vides, Jérémie, le curé d’Ars, le prêtre, éditions Saint-Augustin (Saint Maurice), 2009

– Apprivoiser son caractère, tu n’es pas responsable de la tête que tu as mais de la tête que tu fais, Editions Des Béatitudes, 2009

– Dieu dans mes bagages, Récits, témoignages d’un curé, éditions A la Carte, Sierre, 2010

En cours d’édition :

– Angoisse, dépression, culpabilité, Un chemin d’espérance avec sainte Thérèse de Lisieux, Editions Des Béatitudes, 2010

– Combattre ses pensées négatives, Editions Des Béatitudes (apic/ts/be)

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