Trouver une relève est de plus en plus difficile pour cette organisation de 100’000 membres
Montréal, 13 avril 2010 (Apic) L’Ordre des Chevaliers de Colomb, un organisme fraternel de bienfaisance à forte identité catholique, en fait l’œuvre caritative qui a le plus de membres dans le monde, est à la peine au Québec. En effet, Léonce-E. Roy, «avocat d’Etat» des Chevaliers de Colomb de la Province s’inquiète de l’avenir du mouvement qui s’est établi à Montréal en 1897. Après plus d’un siècle d’existence au Québec, l’Ordre compte encore plus de 100’000 membres, mais il peine à se renouveler.
L’Ordre a été fondé aux Etats-Unis, à New-Haven, dans l’Etat du Connecticut, en 1882, par un jeune prêtre de paroisse âgé de trente deux ans, Michael J. McGivney, «afin de venir en aide à la veuve et à l’orphelin». Mais au Québec, l’avenir n’est pas radieux: «Les élites s’amenuisent, les leaders se font rares et la relève n’est plus au rendez-vous», écrit Léonce-E. Roy dans l’édition du printemps 2010 du journal «Le Colombien».
Notons que les Chevaliers versent chaque année des dizaines de millions de dollars à des oeuvres de charité. Dans les années 1980, ils ont subventionné la restauration de la façade de la basilique Saint-Pierre de Rome.
Mais Léonce-E. Roy se demande ce que réserve aux Chevaliers la prochaine décennie au sein de l’Ordre colombien au Québec. «Pourquoi notre Ordre de ’laïques catholiques pratiquants’ n’attire-t-il plus les jeunes et les moins jeunes ? (…) Qui sont les valeureux chevaliers qui dirigeront l’Ordre aux niveaux provincial, régional et local au cours de la décennie 2010-2020 ? Les élites s’amenuisent, les leaders se font rares et la relève n’est plus au rendez-vous. (…) Depuis 10 ans au Québec, nous sommes témoins de la fermeture de nos églises, de nos chapelles et de nos lieux de culte catholiques. Les fidèles ne sont plus au rendez-vous. Nos communautés paroissiales ne peuvent plus subvenir aux frais d’entretien. Trop peu de paroissiens pour supporter le fardeau financier, les oeuvres charitables et la charge pastorale. Tout s’effrite. Nos valeurs chrétiennes et évangéliques ne semblent plus faire le poids. Avons-nous cessé d’être le bras droit de l’Eglise comme le proclamaient nos anciens Députés d’Etat?», se demande Léonce-E. Roy, «avocat d’Etat» des Chevaliers de Colomb au Québec.
Se questionnant sur l’avenir de l’œuvre, le responsable québécois relève que «les anciens nous quittent progressivement pour rejoindre la Maison du Père. Leurs descendants ne sont pas là pour la continuité». Et d’estimer que «c’est probablement le temps de tenir des
Etats généraux pour nous ajuster, nous réorienter et retrouver le dynamisme d’antan. La dégringolade ne saurait se poursuivre. C’est l’avenir de l’Ordre qui est en jeu.» A l’approche du 111ème Congrès annuel provincial au Manoir Richelieu de La Malbaie, Léonce-E. Roy estime que la réflexion sur l’avenir des Chevaliers de Colomb québécois urge: «Il est midi moins cinq ! C’est à nous d’en décider. Ne laissons pas faire les autres. On n’est jamais mieux servi que par soi-même… C’est aussi à nous de transmettre nos valeurs à nos successeurs.» (apic/rvm/com/be)
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